05.04.2012
Perplexité / Perplejidad
07:16 Publié dans billet | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pailler, pajar
24.03.2012
Un si profond mal être / un malestar tan profundo
Je me souviens des noirs matins du soleil
Quand j'étais fillette
Recuerdo las negras mañanas de sol
Cuando era niña
La poésie d'Alejandra Pizarnik est faite de silences, de miroirs, d'ombres inquiétantes, de jardins, de murs fissurés, de blessures mortelles...
Comme le dit Angèle Paoli (Terres de femmes – poèmes en espagnol) dans un superbe texte, tout en délicatesse et nuances, on s'attache à ses mots et essaye de trouver où se raccrocher, une lueur.
Curieux qu'elle soit si peu connue par ici, elle qui est presque vénérée en Argentine. Alejandra a pourtant passé plusieurs années de sa vie à Paris et a traduit Bonnefoy, Artaud, Michaux et Aimé Césaire.
Peut-être effraye-t-elle trop?
Vous trouverez sa biographie, des poèmes en français et une excellente analyse de ses mots sur le blog Esprits Nomades.
Alors j'ai cherché une lueur, j'en ai trouvé une dans l'érotisme.
AMANTES
Una flor
no lejos de la noche
mi cuerpo mudo
se abre
a la delicada urgencia del rocío
De "Los trabajos y las noches" 1965
Amants
Une fleur
pas loin de la nuit
mon corps muet
s'ouvre
à la délicate urgence de la rosée.
(Traduction: Colette)
Plus sombres ces mots extraits d'un de ses recueils, “L'arbre de Diane”.
Más oscuras, estas palabras de uno de sus libros “El árbol de Diana”.
7
Salta con la camisa en llamas
de estrella a estrella,
de sombra en sombra.
Muere de muerte lejana
la que ama al viento.
Saute la chemise en feu
d'étoile en étoile,
d'ombre en ombre.
Meure de mort lointaine
celle qui aime le vent.
11
ahora
en esta hora inocente
yo y la que fui nos sentamos
en el umbral de mi mirada
maintenant
en cette heure innocente
moi et celle que je fus nous asseyons
sur le seuil de mon regard.
37
más allá de cualquier zona prohibida
hay un espejo para nuestra triste transparencia
au-delà de toute zone interdite
il y a un miroir pour notre triste transparence.
Et quelques vers d'un poème.
Exilio
Exil
A Raúl Gustavo Aguirre
(...)
¿Y quién no tiene un amor?
¿Y quién no goza entre amapolas?
¿Y quién no posee un fuego, una muerte,
un miedo, algo horrible,
aunque fuere con plumas,
aunque fuere con sonrisas?
Siniestro delirio amar a una sombra.
La sombra no muere.
Y mi amor
sólo abraza a lo que fluye
como lava del infierno:
(...)
Et qui n'a un amour?
Et qui ne jouit parmi les coquelicots?
Et qui ne possède un feu, une mort,
une peur, quelque chose d'horrible,
même s'il y a des plumes,
même s'il y a des sourires?
Sinistre délire que d' aimer une ombre.
L'ombre ne meurt.
Et mon amour
n'embrasse que ce qui coule
comme lave de l'enfer:
(…)
(Trad: Colette)
Pour terminer, cet extrait d'une interview d'Alejandra qui donne un éclairage supplémentaire à cette personnalité si particulière et émouvante.
Para terminar, ese extracto de una entrevista a Alejandra que da un luz más a esta personalidad tan particular y conmovedora.
A.P. - Entre otras cosas, escribo para que no suceda lo que temo; para que lo que me hiere no sea; para alejar al Malo (cf. Kafka). Se ha dicho que el poeta es el gran terapeuta. En este sentido, el quehacer poético implicaría exorcizar, conjurar y, además, reparar. Escribir un poema es reparar la herida fundamental, la desgarradura. Porque todos estamos heridos.
AP- Entre autres choses j'écris pour que n'arrive pas ce que je crains; pour que ce qui me blesse ne soit pas; pour éloigner le Malin (cfr Kafka). On a dit que le poète est le grand thérapeute. En ce sens, l'affaire poétique impliquerait exorciser, conjurer et, de plus, réparer. Écrire un poème est réparer la blessure fondamentale, la déchirure. Car nous tous sommes blessés.
M.I.M. - (…) creo, casi con certeza, que el viento es uno de los principales autores de la herida, ya que a veces se aparece en tus escritos como el gran lastimador.*
M.I.M.- (…) je crois, je suis presque certaine, que le vent est l'un des principaux auteurs de la blessure, car il apparait parfois dans tes écrits comme le grand “blesseur”.
A.P. - Tengo amor por el viento aun si, precisamente, mi imaginación suele darle formas y colores feroces. Embestida por el viento, voy por el bosque, me alejo en busca del jardín.
A.P: – J'ai de l'amour pour le vent même si, précisément, mon imagination lui donne souvent des formes et couleurs féroces. Agressée par le vent, je vais dans les bois, je m'éloigne à la recherche du jardin.
M.I.M.- ¿En la noche?
A.P. - Poco sé de la noche pero a ella me uno. Lo dije en un poema: Toda la noche hago la noche. Toda la noche escribo. Palabra por palabra yo escribo la noche.*
M.I.M. - La nuit?
A.P. Je sais peu de la nuit mais je m'unis à elle. Je l'ai dit dans un poème: Toute la nuit je fais la nuit. Toute la nuit j'écris. Mot à mot j'écris la nuit.
M.I.M.- En un poema de adolescencia también te unís al silencio.
A.P. - El silencio: única tentación y la más alta promesa. Pero siento que el inagotable murmullo nunca cesa de manar (...). Por eso me atrevo a decir que no sé si el silencio existe.
M.I.M.- Dans un poème d'adolescence tu t'unis aussi au silence.
A.P.- Le silence: unique tentation et la plus haute promesse. Mais je sens que l'inépuisable murmure jamais ne cesse de surgir. (…) . C'est pour cela que j'ose dire que je ne sais si le silence existe.
Entrevista a Alejandra Pizarnik (extracto)
Por Marta Isabel Moia [*]
Entrevista de Martha Isabel Moia, publicada en El deseo de la palabra, Ocnos, Barcelona, 1972.
19:50 Publié dans culture, Espagne, littérature et poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alejandra pizarnik
10.03.2012
La voix et les mains / Arianna Savall / La voz y las manos
C'est l'amour des voix, la recherche de voix féminines actuelles, qui m'ont incitée à vous parler aujourd’hui d'Arianna Savall. Je vous recommande de visiter, de l'écouter sur son site.
L'écou
ter jouer de la harpe et chanter est un rêve qui emporte âme et esprit dans un monde, souvent baroque, toujours au-delà du présent. On parle d'elle comme d'une fée à la voix d'ange. Je vous laisse juges…
Fille du célèbre Jordi Savall et de la magnifique soprano Montserrat Figueras, son frère, Ferran Savall, est également musicien et chanteur.
Ensemble ils ont enregistré un album intitulé «Du temps et de l'instant» dont vous pouvez écouter un (fort long mais superbe) extrait ici:(à la minute 17.50 une chanson mère-fille-fils-père à ne pas rater!)
Es el amor por la voz, la búsqueda de voces femeninas actuales lo que me ha incitado a hablaros hoy de Arianna Savall. Os recomiendo visitar su website.
Escucharle tocar el harpa y cantar es un sueño que lleva alma y espíritu a un mundo, a menudo barroco, siempre más allá del presente. Se habla de ella como de un hada con voz de ángel. Os dejo juzgar...

Hija del celebre Jordi Savall y de la magnífica soprano Montserrat Figueras, su hermano
, Ferran Savall, es también músico y cantante.
Juntos han grabado un álbum titulado “Du temps et de l'instant”, aquí podéis escuchar un (muy largo pero precioso) extracto; (en el minuto 17.50 una canción madre-hija-hermano y padre, no os lo perdáis)
Pour compléter le tableau vous dire que son compagnon est le ténor et musicien Petter Udland Johansen avec lequel elle créa en 2009 la formation Hirundo Maris, spécialisée dans la musique ancienne et la création.
Para completar el cuadro, deciros que su compañero es el tenor y músico Petter Udland Johansen con el cual creó en 2009 la formación Hirundo Maris, especializada en música antigua y la creación.
Para terminar (muy a pesar mío) os dejo con Ánima Nostra
Pour terminer (à grand regret) je vous laisse avec Ánima Nostra:
Hirundo Maris, Peiwoh en concert
08:02 Publié dans culture, Espagne, musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arianna savall, harpa, jordi savall, montserrat figueras, petter hudland johansen, voix féminine
03.03.2012
"Oubliés" sur l'île de Cabrera / "Olvidados" en la isla de Cabrera
À 15km du sud de l'île de Majorque, l'archipel de Cabrera dont l'île la plus grande du même nom est un havre de paix et de beauté.
Grâce à l'occupation militaire depuis 1916, il n'y a là âme qui vive, pas de touristes non plus. De plus cette mini île de 15,69km2 a été déclarée en 1991 Parque Nacional Maritimo Terrestre.
Flore et faune endémiques, magnifiques, il faut demander la permission pour s'y rendre, – au maximum une journée – et bien sûr la chasse et la pêche y sont interdites. Un paradis.

A unos 15km al sur de la isla de Mallorca, el archipiélago de Cabrera y la isla mayor del mismo nombre es un remanso de paz y belleza.
Gracias a la ocupación militar a partir de 1916, no hay allí alma viva ni turistas.
Además esa mini isla de 15,69km2 fue declarada en 1991 Parque Nacional Marítimo y Terrestre.
Flora y fauna endémicas, magníficas, hay que pedir permiso para pasar un día allí y, claro está, la pesca y la caza están prohibidos. Un paraíso.
Et rien, ou presque, ne laisse deviner la «tragédie inhumaine» qui s'y déroula pendant les cinq ans où l'île fut transformée en prison, «le premier camp de concentration de l'Histoire».
Les prisonniers, sans prison ni barreaux, étaient des grognards, soldats français de l'armée de Napoléon. Voici le récit, en grandes lignes de cinq ans en enfer.

Y nada, o casi, deja adivinar la “tragedia inhumana” que tuvo lugar allí durante los cinco años donde la isla fue trasformada en cárcel “el primer campo de concentración de la Historia”.
Los presos, sin cárcel ni barrotes, eran grognards, soldados franceses del ejército de Napoleón. Aquí el relato, en grandes lineas, de cinco años en el infierno.
Après la défaite de l'armée française lors de la bataille de Bailén (guerre d'Indépendance Espagnole 1808), plus ou moins 18.000 soldats français furent faits prisonniers. Les plus haut gradés furent renvoyés (et fort mal reçus par Napoléon!) en France; 4.000 furent embarqués pour les îles Canaries où ils s'intégrèrent peu à peu aux habitants et le reste, 9.000...ah, les malheureux!
En principe ils allaient être envoyés en France, échangés contre des prisonniers espagnols, mais ceci ne se fit pas (en partie à cause des Anglais) et ils restèrent d'abord confinés dans des bateaux au large de Cadix (maladies à bord, ...), puis ils partirent enfin: espoir de revoir leur pays.
Mais hélas leur voyage se terminera aux Baléares. Mallorca ne voulut pas d'eux, prétextant un manque d'infrastructures pour les accueillir; les Anglais qui occupaient Menorca non plus, alors on les abandonna sur l'île de Cabrera, l'île aux chèvres.
Después de la derrota del ejército francés en la batalla de Bailén (guerra de Independencia española 1808), unos 18.000soldados franceses fueron hechos presos.
Los de mayor fueron devueltos (¡y muy mal acogidos por Napoleón!) a Francia; 4.000 fueron embarcados para las islas Canarias donde se integraron poco a poco a la población y el resto, 9.000...¡pobres desgraciados!
Se suponía que se les iba a llevar a Francia e intercambiar por presos españoles, pero eso no se hizo(en parte por culpa de los Ingleses) y se quedaron primero hacinados en unos buques a lo largo de Cádiz (enfermedades a bordo...), y por fin zarparon: esperanza de volver a su país.
Pero por desgracia acabaron en Baleares. Mallorca no les quiso, alegando falta de infraestructuras para acogerlos; los Ingleses que ocupaban Menorca tampoco los quiso, entonces se decidió abandonarlos en la isla de Cabrera, la isla de las cabras.
Beaucoup étaient déjà atteints de dysenterie et l'euphorie de se retrouver en terre ferme disparut rapidement en découvrant le manque quasi total de ressources en eau douce et nourriture.
En principe un bateau venant de Majorque devait les ravitailler tous les quatre jours, mais suite à de nombreuses péripéties, ils ont été très souvent «oubliés», une fois même pendant deux mois, sur leur île-prison.
Folie, famine, tous les maux imaginables et inimaginables comme, semble-t-il le cannibalisme et la coprophagie s'emparèrent des prisonniers au cours des cinq ans que dura cet enfer.
Car ce n'est qu'en 1814 après la signature d'un traité de paix que les quelque 3.000 survivants furent rapatriés.
Et certains ont raconté.
Muchos de ellos padecían disentería y la euforia de encontrarse en tierra firme desapareció rápidamente al descubrir la carencia casi total de recursos en agua dulce y comida.
En principio un barco procedente de Mallorca debía abastecerles cada cuatro días, pero debido a diversas peripecias, eran “olvidados”, una vez incluso durante dos meses, en su isla-cárcel.
Locura, hambruna, todos los males imaginables e inimaginables como, parece ser, el canibalismo y la coprofagia, se apoderaron de los presos en el curso de los cinco años que duró aquel infierno.
Sólo fue en 1814 con la firma de un tratado de paz que los 3.000 sobrevivientes fueron repatriados.
Y algunos han contado.
NB: Les chiffres de prisonniers cités varient d'une source à l'autre et je me suis limitée à vous raconter ce mortel cauchemar de façon très succincte, mais vous pourrez lire l'histoire en détails à diverses adresses, par exemple :
http://lesapn.forumactif.fr/t7352-les-grognards-de-cabrera
http://desaix.unblog.fr/2007/11/10/page-sombre-au-coeur-de-lepopee-napoleonienne/
http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-31853181.html
NB: Las cifras de presos varían según las fuentes y me he limitado a contar esa mortal pesadilla de manera muy sucinta, pero podéis leer la historia con todo detalles en varios sitios, por ejemplo:
http://historiasdelahistoria.com/2011/01/21/memorias-de-un-prisionero-frances-en-la-isla-de-cabrera/
http://abelgalois.blogspot.com/2007/03/lost-en-cabrera-el-cementerio-de-los.html
08:21 Publié dans culture, Espagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cabrera, grognards, napoléon, prionniers, soldats
18.02.2012
Quand les mots s'ouvrent / Cuando las palabras se abren
Quel lien existait-il entre le poète mexicain Octavio Paz et le linguiste Roman Jakobson ? J'ignore s'ils se connaissaient personnellement, mais ce qui est sûr c'est qu'à la mort du russe, le poète écrivit ce poème-hommage.
Un poème sur la poésie qui « sème des yeux sur les pages ».
¿Qué lazo existía entre el poeta mejicano Octavio Paz y el linguista Roman Jakobson ? Ignoro si se conocían personalmente, pero lo seguro es que, a la muerte del ruso, el poeta escribió ese poema-homenaje.
Un poema sobre la poesía que « siembra ojos en las páginas ».
Dire Faire Octavio Paz
Entre ce que je vois et dis,
Entre ce que je dis et tais,
Entre ce que je tais et rêve,
Entre ce que je rêve et oublie
La poésie.
Se glisse entre le oui et le non :
elle dit
ce que je tais,
elle rêve
ce que j'oublie.
Ce n'est pas un dire :
c'est un faire.
C'est un faire
qui est un dire.
La poésie se dit et s'entend :
elle est réelle.
Et à peine je dis
elle est réelle
qu'elle se dissipe.
Plus réelle ainsi ?
Idée palpable,
mot
impalpable :
la poésie
va et vient
entre ce qui est
et ce qui n'est pas.
Elle tisse des reflets
et les détisse.
La poésie
sème des yeux sur les pages.
Les yeux parlent
les mots regardent
les regards pensent.
Entendre
les pensées
voir ce que nous disons
toucher
le corps
de l'idée.
Les yeux
se ferment
Les mots s'ouvrent.
(Trad: Colette)
Decir, Hacer de Octavio Paz
A Roman Jakobson
Entre lo que veo y digo,
Entre lo que digo y callo,
Entre lo que callo y sueño,
Entre lo que sueño y olvido
La poesía.
Se desliza entre el sí y el no:
dice
lo que callo,
calla
lo que digo,
sueña
lo que olvido.
No es un decir:
es un hacer.
Es un hacer
que es un decir.
La poesía
se dice y se oye:
es real.
Y apenas digo
es real,
se disipa.
¿Así es más real?
Idea palpable,
palabra
impalpable:
la poesía
va y viene
entre lo que es
y lo que no es.
Teje reflejos
y los desteje.
La poesía
siembra ojos en las páginas
siembra palabras en los ojos.
Los ojos hablan
las palabras miran,
las miradas piensan.
Oír
los pensamientos,
ver
lo que decimos
tocar
el cuerpo
de la idea.
Los ojos
se cierran
Las palabras se abren.
Pour en savoir plus sur Octavio Paz et ses publications en français : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2005/02/almanach_pot...
16:31 Publié dans littérature et poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dire. faire, hommage, octavio paz, poesia, roman jakobson
12.02.2012
Un fruit frais de Mallorca? ¿Una fruta fresca?
15:29 Publié dans billet | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fruits frais, mallorca, neige, nieve
11.02.2012
Ce qu'il me reste à vivre / Lo que me queda por vivir
C'est le titre du dernier roman d'Elvira Lindo. Du moins je le suppose, car, à ma connaissance, il n’est pas encore traduit en français.
Je ne vais donc pas vous raconter toute l'histoire, mais vous situer les courts passages que j'ai traduits.
Une jeune femme, Antonia, vit à Madrid où elle élève seule son fils de quatre ans. Loin de son village natal. Les temps changent vite en cette période post- franquiste et ce beau et profond roman alterne souvenirs et portraits - dont certains, des femmes qui ont entouré son enfance, – et sa vie «en ville» avec son fils, son complice.
Le fil conducteur, du moins l’un d’eux, celui qui m’a le plus frappée, est le thème de la loyauté envers nos propres désirs.
Es el título de la última novela de Elvira Lindo.
Encontraréis aquí una reseña por Juan Cruz mil veces mejor que cualquier cosa que yo pueda escribir.
Os copio aquí unos párrafos que expresan lo que me pareció ser el hilo conductor, o uno de ellos, de la novela: la lealtad a nuestros propios deseos.
“Il y a toujours un moment où tout aurait pu être évité, pense-t-on après. Surtout ce qu'on a commencé sans beaucoup de conviction, plus pour des motifs fantaisistes que pour ce qu'on avait vraiment là, devant nos yeux. Mais qui veut voir ce qui est devant ses yeux, qui est disposé à admettre qu'en réalité aucune connexion n'est possible. (…)
La jeunesse, si encline à la témérité, devient soudain conservatrice et renonce à ses rêves, se conforme au premier amour qu’elle a connu. Peut-être est-ce là la façon la plus tordue d'être téméraire.
Combien on parle et on écrit sur ces couples où les conjoints sont ancrés au malheur durant toute une vie, et combien peu de tous ces couples jeunes qui, sans plus de liens qu'une fidélité mal comprise, se livrent docilement à l'ennui de samedis et dimanches interminables.(...)
...Et au milieu se trouvent les amis qui, à cet âge où tu ne connais d'autre morale que celle dictée par tes pairs, se transforment en gardiens d'un malheur de façon plus implacable que ne le fera plus tard la famille même. (..)
Qu’il était et est difficile de trahir le groupe et qu'il est facile d'être déloyal envers soi-même.
La déloyauté à soi-même ne se remarque généralement pas dans le présent, elle se camoufle en mal- être; en anxiété diffuse, car ces sensations sont bien plus aisées à supporter. Moi je n'ai jamais fini d'identifier ce qui n'était rien de plus qu'une trahison à mes désirs.»
Trad : Colette
“Siempre hay un momento en el que todo podía haberse evitado, se piensa luego. Sobre todo en aquello que se comenzó sin mucho convencimiento, más por motivos fantasiosos que por lo que se tenía de verdad delante de los ojos. Pero quién quiere ver lo que está delante de los ojos, quién está dispuesto a admitir que en realidad no hay posible conexión. (…)
La juventud, tan proclive a la temeridad, de pronto se vuelve conservadora y renuncia a sus sueños, se conforma con el primer amor que ha conocido. A lo mejor sea ésa la manera más retorcida de ser temerario.
Cuánto se habla y se escribe sobre esos matrimonios en los que los cónyuges están aferrados a la infelicidad durante todo una vida, y qué poco de todas esas parejas jóvenes que, sin mayores lazos que una fidelidad mal entendida, se entregan dócilmente al aburrimiento de unos sábados y unos domingos larguísimos, (…)
...Y por medio andan los amigos que, en esa edad en la que no entiendes nada más moral que la que te dictan tus iguales, se convierten en guardianes de una infelicidad de manera más implacable que la que en un futuro ejercerá la propia familia.. (…)
Qué difícil era y es traicionar al grupo y qué fácil ser desleal con uno mismo. La deslealtad a uno mismo no se suele advertir en el presente, se camufla de malestar; de ansiedad difusa, porque éstas son sensaciones mucho más fáciles de sobrellevar. Yo nunca acabé de identificar aquello que no era más que una traición a mis deseos.”
Lo que me queda por vivir, Elvira Lindo, Ed:Seix Barral p50-51.
06:56 Publié dans Espagne, littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : elvira lindo, lo que me queda por vivir
04.02.2012
Silences et bruits d'arbres /Silencios y ruidos de árboles
Une vieille photo retrouvée, quelques arbres qui entouraient la maison de grand-mère.
Tous les étés, les jeux de ma jeunesse.
Des lieux, des arbres, des moments de vie.
Una vieja foto encontrada, unos árboles que rodeaban la casa de la abuela.
Cada verano, los juegos de mi juventud.
Lugares, árboles, momentos de vida.
Deux rangées de marronniers devant ma maison natale en Flandres ; là c’était se rouler et donner gaiment des coups de pied dans les couches humides et colorées des feuilles tombées, et ouvrir les coques dures des fruits en se blessant les mains, et admirer les pyramides de fleurs blanches qui annonçaient les vacances.
Dos filas de castaños ante mi casa natal en Flandes; allí era revolcarse y dar alegres patadas a las capas húmedas y coloradas de hojas caídas, y abrir las duras cápsulas de los frutos hiriéndose las manos, y admirar las pirámides de flores blancas que anunciaban las vacaciones.
L'Arbre
L'arbre attendait.
Puis il fit sombre.
Il restait là-bas.
L'enfant le regardait.
Il dit : il fait nuit.
Et cela dit il rentra
On dîna. On veilla.
Et l'arbre ? dit-il.
Se demanda l'enfant
Sous le clair de lampe
L'enfant à qui l'arbre
Vint fermer les yeux.
Mohammed Dib
El árbol
El árbol esperaba.
Después oscureció.
Se quedaba allí.
El niño lo miraba.
Dijo: hace de noche.
Y dicho esto entró en casa.
Cenamos. Velamos.
¡Y el árbol? dijo.
Se preguntó el niño
Bajo la luz de la lámpara.
El niño a quien el árbol
Vino a cerrar los ojos.
Mohammed Dib
(Trad: Colette)
Dans mes souvenirs diffus de la première année passée en Espagne, aux îles Canaries, ce sont les gigantesques avocatiers chargés de fruits; puis ce fut la découverte sur une autre île, Ibiza, des amandiers et oliviers qui me suivront ici à Majorque.
En mis difusos recuerdos del primer año pasado en España, en las islas Canarias, son los gigantescos aguacates cargados de frutos; luego fue el descubrimiento en otra isla, Ibiza, de los almendros y olivos que me seguirán hasta aquí, Mallorca.
Ici …hésitation. Et puis non, pourquoi choisir? Les palmiers et les pins, tous deux habitent mon paysage quotidien.
Solitaire, le palmier aux gestes lents se suffit à lui seul, il est le décor. Tandis que ce sont les forêts de pins qui donnent la couleur générale; odeurs et bruits dans le vent.
Aquí....hesitación. Pero no,¿por qué elegir? Las palmeras y los pinos, ambos habitan mi paisaje cotidiano.
Solitaria, la palmera de gestos lentos se basta a si misma, ella es el decorado. Mientras que son los bosques de pinos que dan el color general; olores y ruidos en el viento.
07:26 Publié dans billet | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arbres, mohammed dib, souvenirs
28.01.2012
Herbiers de F. Garcia Lorca / Herbarios, Lorca
En 2011 pas moins de cinq billets, tous fort différents, ont été consacrés ici au maestro García Lorca.
Vous avez ainsi pu lire un texte en prose où il nous parle de son enfance, de la nature, pleurer avec les lézards qui ont perdu leur anneau de mariage, vous immerger dans ses poèmes «Nocturnes», humer la brume d'automne et les rêves perdus et finalement, il y a peu, cette Romance de la Peine Noire, vous vous en souvenez? (Clic sur les mots si l'envie vous prend de les relire)
En 2011 no menos de cinco notas, muy diferentes, han sido dedicadas aquí al maestro García Lorca.
Así habéis podido leer un texto en prosa donde nos habla de su infancia, de la naturaleza, llorar con los lagartos que han perdido su anillo de boda, hundiros en sus poemas «Nocturnos», oler la bruma de otoño y los sueños perdidos y finalmente, hace poco, ese Romance de la Pena Negra, ¿os acordaís?
Aujourd'hui, dans une catégorie par lui appelée Herbiers, ces textes un peu mystérieux et pleins d'imagination; herbiers des rêves, des bruits...
Hoy, en una categoría por él llamada Herbarios, estos textos un poco misteriosos y llenos de imaginación: herbarios de los sueños, de los ruidos...
lll
En grand secret, un ami
me montre l'herbier des bruits.
(Chut...silence!
La nuit pend du ciel!)
À la lumière d'un port perdu
arrivent les échos de tous les siècles.
(Chut...silence!
La nuit oscille dans le vent!)
(Chut...silence!
De vieilles colères s'enroulent à mes doigts.
1927 (Trad: Colette)
lll
En mucho secreto, un amigo
me enseña el herbario de los ruidos.
(¡Chist...silencio!
¡La noche cuelga del cielo!)
A la luz de un puerto perdido
vienen los ecos de todos los siglos.
(¡Chist...silencio!
¡La noche oscila en el viento!)
(¡Chist...silencio !
Viejas iras se enroscan en mis dedos.
1927
ÉCOLE
Maitre
Quelle jeune fille se marie
avec le vent?
Enfant
La jeune fille de tous
les désirs
Maitre
Que lui offre
le vent?
Enfant
Tourbillons d'or
et cartes superposées.
Maitre
Elle lui offre quelque chose?
Enfant
Son cœur ouvert.
Maitre
Dites comment elle s'appelle.
Enfant
Son nom est un secret.
(la fenêtre de l'école a un rideau d'étoiles brillantes)
1927 (Trad: Colette)
ESCUELA
Maestro
¿Qué doncella se casa
con el viento?
Niño
La doncella de todos
los deseos.
Maestro
¿Qué le regala
el viento?
Niño
Remolinos de oro
y mapas superpestos.
Maestro
Ella ¿le ofrece algo?
Niño
Su corazón abierto.
Maestro
Decid cómo se llama.
Niño
Su nombre es un secreto.
(La ventana del colegio tiene una cortina de luceros.)
Photo: Colette
Sculpture: Julio González, danzarina despeinada
08:23 Publié dans espagne, poésie, chanson | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : garcia lorca, herbarios, herbiers
21.01.2012
La douleur d'autrui / El dolor ajeno
Rouge avec des lettres blanches, la boite est en vente dans les pharmacies en Espagne.
“Médicaments contre la douleur d'autrui”
6 bonbons menthe-eucaliptus sans sucre 1€
Médecins sans Frontières
Roja con letras blancas, la caja está en venta en las farmacias en España.
«Pastillas contra el dolor ajeno»
6 caramelos mentol-eucalipto sin azúcar 1€
Médicos sin fronteras
Cette campagne lancée par MSF, comment y être indifférents?
La douleur des autres...
Sur le prospectus, de forme et présentation égales à celles de nos médicaments, cette note:
“Dans le premier monde, si tu as mal quelque part, il y a des médicaments pour soulager presque chaque douleur.Mais...Que se passe-t-il si ce qui te fait souffrir est la douleur d'autrui? La douleur de ceux qui n'ont pas de médicaments pour soigner leur souffrance? N'est-ce pas magnifique que, nous qui avons des pilules pour presque tout, puissions en prendre une pour calmer la douleur de ceux qui n'en ont pas?”
Esta campaña lanzada por MSF, ¿cómo quedarse indiferentes a ella?
El dolor ajeno...
En el prospecto, de forma y presentación igual a las de nuestras medicinas, esta nota:
« En el primer mundo, si te duele algo, hay pastillas para mitigar casi cualquier dolor. Pero...¿Qué pasa si lo que te duele es el dolor ajeno, el dolor de los que no tienen pastillas para curar su sufrimiento? No es genial que, nosotros que tenemos pastillas para casi todo, podamos tomar una para calmar el dolor de los que no tienen? »
6 bombons qui correspondent à 6 maladies, curables ou rares sur notre continent, mais bien vivantes ailleurs: la maladie du sommeil, la malaria, la tuberculose, le sida infantile, le Kala azar, la maladie de Chagas.
De nombreuses personnalités médiatiques de tous bords ont participé à la campagne comme le chanteur très populaire Alejandro Sanz , et ici aussi sur la vidéo, prenant «un médicament»:
Andrés Iniesta, Pilar Bardem, Andreu Buenafuente, Pau Donés, Cayetana Guillén Cuervo, Estopa, Xabi Alonso, Fernando Tejero, Eduard Punset, Edurne Pasaban, Manel Fuentes, Ferrán Adría, Nuria Espert, Juan José Millas.
6 caramelos, que corresponden a 6 enfermedades, curables o raras en nuestro continente, pero bien vivas en otras partes : la enfermedad del sueño, la malaria, la tuberculosis, el sida infantil, el Kala azar, la enfermedad de Chagas.
Numerosas personalidades mediáticas de varios aéreas han participado a la campaña como el cantante muy popular Alejandro Sanz y, aquí en el vídeo, tomándose una «medicina» (ver arriba)
La participation qui m'a le plus touchée est celle du directeur de cinéma Luís García Berlanga:
La participación que más me comovió es la del director de cine Luís García Berlanga:
Voici le site officiel (en español): http://www.pastillascontraeldolorajeno.com
Et la vidéo de lancement de MSF:
Il me tenait à cœur d'en parler ici. Me sentía inclinada a hablar de eso aquí.
06:47 Publié dans billet, Espagne | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : msf, douleur, médicaments, maladies
07.01.2012
Clowns, le rouge et le blanc /Payasos, el rojo y el blanco
Les clowns…souvenirs d’enfance, de rires. Spectacles de fin et début d’année.
Mais aussi, comme l’écrit Michel Tournier dans un court texte intitulé « Le rouge et le blanc » inclus dans Des clés et des serrures (1979), un duo qui nous ressemble, qui est nous à différents moments de notre vie.
Los payasos… recuerdos de infancia, de risas. Espectáculos de fin y principio de año.
Pero también, como lo escribe Michel Tournier en un texto corto titulado “El rojo y el blanco” un dúo que se parece a nosotros, que es nosotros en diferentes momentos de nuestra vida.
“Ils font équipe sur la piste du cirque, mais ils sont bien différents.
Le blanc, habillé de soie, poudré à frimas, un sourcil relevé très haut sur son front comme un point d’interrogation, chaussé de fins escarpins vernis, les mollets cambrés dans des bas arachnéens, a toute l’élégance hautaine d’un seigneur.
La trogne poivrote et le nez en pomme de terre du rouge, sa large bouche, ses yeux ahuris, sa démarche embarrassée par ses énormes croquenots, tout trahit chez lui le niais, le rustaud, la tête de Turc sur laquelle vont pleuvoir les coups et les lazzis.
« Hacen equipo en la pista de circo, pero son muy diferentes.
El blanco, vestido de seda, ligeramente empolvado, una ceja levantada en alto, en la frente como un punto de interrogación, calzado de finos escarpines de charol, las pantorrillas combadas en unas medias arácneas, tiene toda la elegancia altiva de un señor.
La jeta de borracho y la nariz en forma de patata del rojo, su boca ancha, sus ojos estupefactos, su andar patoso por los enormes zapatos, todo en él suena a necio, a palurdo, a cabeza de turco sobre la cual van a llover los golpes y las burlas.
Car ces deux clowns incarnent deux esthétiques tout opposées du rire.
Le blanc cultive l’insolence, le persiflage, l’ironie, le propos à double sens. C’est un maître du second degré. Il fait rire les autres, d’un autre de préférence, le clown rouge, l’auguste.
Mais lui garde ses distances, il reste intact, hors d’atteinte, le rire qu’il déchaîne ne l’éclabousse pas, c’est une douche destinée au rouge, qui est là pour encaisser.
Ce rouge s’offre à tous les coups en poussant son discours, son accoutrement et sa mimique au comble du grotesque. Il n’a pas le droit d’être beau, spirituel, ni même pitoyable, cela nuirait à la sorte de rire qu’il a pour fonction de soulever. (…)
Esos dos payasos encarnan dos estéticas totalmente opuestas de la risa.
El blanco cultiva la insolencia, la guasa, la ironía, el propósito con doble sentido. Es un maestro del segundo grado. Hace reír a los demás, de otro preferentemente, el payaso rojo, el augusto. Pero él guarda sus distancias, queda intacto, fuera de alcance; la risa que provoca no le salpica, es una ducha destinada al rojo, que está allí para encajar.
Ese rojo se ofrece a todos los golpes llevando su discurso, su atuendo y su mímica al colmo de lo grotesco. No tiene derecho a ser guapo, agudo ni siquiera lastimoso, eso perjudicaría al tipo de risa que su función le obliga a provocar. (…)
Aussi bien ces deux personnages symbolisent-ils deux attitudes devant la vie, et tous, tant que nous sommes, nous décidons à chaque moment d’être blanc ou rouge face aux situations de l’existence.
Nous pouvons nous frapper la poitrine- soit pour nous accuser, soit par défi orgueilleux-, attirer sur nous les regards et les cris, nous désigner à l’admiration ou à la vindicte des foules. C’est le parti pris rouge d’un Rousseau ou d’un Napoléon, de tous les gens de théâtre et de tous les tyrans.
Au contraire, le parti blanc d’un Voltaire ou d’un Talleyrand fait les témoins sarcastiques de leur temps, les diplomates, les calculateurs, tous ceux qui veulent observer et manœuvrer sans s’exposer, gagner sans mettre en jeu leur liberté, leurs biens ni leur personne. »
Así esos dos personajes simbolizan dos actitudes delante de la vida, y todos nosotros, decidimos en cada momento ser blanco o rojo frente a las situaciones de la existencia.
Podemos golpearnos el pecho – sea para acusarnos, sea por desafío orgulloso-, atraer hacia nosotros las miradas o la vindicta de la muchedumbre. Es la resolución de un Rousseau o de un Napoleón, de toda la gente de teatro y de todos los tiranos.
Por el contrario, el partido blanco de un Voltaire o de un Talleyrand les hace los testigos sarcásticos de su época, los diplomáticos, los calculadores, todos los que quieren observar y maniobrar sin exponerse, ganar sin poner en juego su libertad, sus bienes, ni su persona.”
Traducción: Colette
Photos: 1) Les Fratellinis, Albert, François, Paul
2) Lil Sad Clown by Aihibed Magana
08:54 Publié dans billet | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blanc et rouge, clowns, michel tournier, payasos
31.12.2011
Belle année! ¡Feliz año!
Entre ombres et soleil, se frayer un chemin en eaux troubles...
Entre sol y sombras, abrirse un camino en aguas turbias...

Faire route en bonne compagnie...Hacer camino en buena compañía....
L'esprit, si léger....La mente, tan ligera...
...s'amusera en vol. ...se divertirá volando.
Je vous souhaite une année aimable.
Os deseo un año amable.
08:17 Publié dans billet | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : año nuevo, canards, nouvel an, patos
25.12.2011
Vague au bout de son errance / Ola al final de su andanza
Pour une fin d'année voluptueuse, recherche de poèmes sensuels, délicatement érotiques.
Partir vers le Sud, le Maghreb, et découvrir, enchantée, la poésie de Mohammed Dib.
Para un fin de año voluptuoso, búsqueda de poemas sensuales, delicadamente eróticos.
Dirigirme hacia el Sur, el Magreb, y descubrir, encantada, la poesía de Mohammed Dib.
Horizon féminin
gestes
de même longueur
dans le présent
et l'après
de même fraîcheur
dans l'espoir
et l'après
de même lenteur
dans la fatigue
et l'après
Horizonte femenino
gestos
igual de largos
en el presente
y el después
igual de frescos
en la esperanza
y el después
igual de lentos
en la fatiga
y el después
(Trad: Colette)
Les marches de la mer
rien ne sera dit
porté par le désir
jusqu'aux lèvres
ce murmure
plus monte la marée
sonne l'hallali
mêmes hanches mêmes reins
vague au bout de son errance
vive à vanner
ô rivages pour abus tendres
et la main première conviée
d'un vœu à tirer ce feu
Los peldaños de la mar
nada será dicho
llevado por el deseo
hasta los labios
ese murmullo
más sube la marea
suena el hallali*
las mismas caderas el mismo talle
ola al final de su andanza
viva a reventar
oh riveras para abusos tiernos
y la mano primera convidada
de un deseo de disparar ese fuego
(Trad: Colette)
"L'air qu'il fait entendre sur son clavecin est une musique intérieure qui parle au cœur"
Jean Déjeux, dans Hommage à Mohammed Dib
"El aire que deja oír en su clavicordio es una música interior que habla al corazón"
Illustration: Picasso, 1932, Femme nue couchée ou la dormeuse
**Hallali: toque de acoso, término de caza cuando el ciervo está acorralado.
08:25 Publié dans littérature et poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mer, mohammed dib, plaisir, poésie, érotique
17.12.2011
La moitié du fardeau / La mitad de la carga

Le cheval et l’âne--- Jean de La Fontaine
En ce monde il se faut l'un l'autre secourir :
si ton voisin vient à mourir,
c'est sur toi que le fardeau tombe.
Un âne accompagnait un cheval peu courtois,
Celui-ci ne portant que son simple harnois,
Et le pauvre baudet si chargé qu'il succombe.
Il pria le cheval de l'aider quelque peu :
Autrement il mourrait devant qu'être à la ville.
«La prière, dit-il, n'en est pas incivile :
Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu.»
Le cheval refusa, fit une pétarade :
Tant qu'il vit sous le faix mourir son camarade,
Et reconnut qu'il avait tort.
Du baudet, en cette aventure,
On lui fit porter la voiture,
Et la peau par-dessus encor.

El caballo y el asno – Jean de La Fontaine
En este mundo hay que ayudarse unos a otros:
si muere tu vecino,
caerá sobre ti su carga.
Iba un asno en compañía de un caballo descortés.
No llevaba éste más que sus arneses,
Y el pobre jumento tal carga que más no podía.
Rogó al caballo ayuda, aunque poca fuese;
Si no, antes de llegar al pueblo reventaría.
“No pido mucho, le decía,
La mitad de mi carga para ti no es nada”
Negose el caballo con el mayor desprecio;
Más bien pronto vio morir a su camarada,
Y conoció cuán mal obrado había.
Del borrico hubo de llevar la carga
Y el pellejo del difunto por añadidura.
(Trad. MAH, muchas gracias)
Ces dessins sont signés, pas très lisible mais voilà l'agrandissement de la signature:
Esos dibujos están firmados, aquí la firma:
08:16 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la fontaine, le cheval et l'âne, el caballo y el asno
10.12.2011
Inventrices / Inventoras
Quelques unes… / Algunas…
- Non, je ne vois pas, à part Marie Curie aucun nom, désolé(e).
- Moi non plus.
-No, no veo, salvo Marie Curie, ningún nombre, lo siento.
-Yo tampoco.
Chercher, inventer, les femmes l’ont toujours fait, mais ce n’est qu’en 1790 qu’elles ont pu déposer légalement un brevet à leur nom aux Etats-Unis, et encore pas dans tous les États. C’était alors sous le nom de leurs pères, maris, frères…qu’apparaissaient leurs inventions.
Le 15 mai 1809 est une grande date : Mary Dixon Kies est la première américaine (Connecticut) à obtenir un brevet à son nom pour un processus qui permettait de tisser la paille avec de la soie ; elle devint ainsi la grande précurseur de l’industrie du chapeau.
Buscar, inventar, las mujeres lo han hecho desde siempre, pero sólo en 1790 pudieron patentar legalmente a su nombre en Estados Unidos, y eso no en todos los Estados. Era entonces bajo el nombre de sus padres, hermanos, maridos…que aparecían sus inventos.
El 15 de mayo es una gran fecha: Mary Dixon Kies es la primera americana (Connecticut) en obtener una patente a su nombre por un proceso que permitía tejer la paja con la seda; fue así la gran precursora de la industria del sombrero.
Nous sommes à New York vers 1913. Mary Phelps Jacob vient de s’acheter une robe du soir pour aller à une fête. À cette époque le seul sous-vêtement existant était un corset rigide fait d’os et de bois (super confortable, n’est-ce pas ?). Mary se rend compte que cette armature est par trop voyante sous sa fine robe de soie et elle confectionne, avec deux mouchoirs de soie et un ruban, ce qui est l’ancêtre de nos soutiens-gorge modernes.
Estamos en, Nueva York hacia el año 1913. Mary Phelps Jacob acaba de comprarse un vestido de noche para ir a una fiesta. En aquella época la única ropa interior existente era un corsé rígido hecho de hueso y de madera (súper confortable ¿verdad?). Mary se da cuenta que esta armadura es demasiado visible debajo de su fino vestido de seda y confecciona, con dos pañuelos de seda y un lazo, lo que es el ancestro de nuestros sujetadores.
Vous avez parfois un « bouton de fièvre » (herpès) et vous appliquez de la crème appelée Zovirax ? Vous la devez à Gertrude Elion (1918-1999). Cette chimiste décida, après le décès de son père, dû à un cancer, de se consacrer à la recherche. En 1944 elle travailla dans un laboratoire pharmaceutique sur la purine sans avoir aucune idée de ses applications médicales et ce fut….le premier médicament contre la leucémie.
Gertrude déposa en tout plus de 45 brevets et obtint le prix Nobel de médecine avec George Hitchings et Sir James Black.
¿Tiene a veces un herpes labial y se aplica la crema llamada Zovirac? Se la debéis a Gertrude Elion (1918-1999). Esa química decidió dedicarse a la investigación después de su padre muriera de cáncer,. En 1944 trabajó en un laboratorio farmacéutico en la purina sin tener la menor idea de su aplicación médica y fue…la primera medicina contra la leucemia.
Se cuentan más de 45 patentes de Gertrude y obtuvo el premio Nóbel de medicina junto con George Hitchings y Sir James Black.
La super crac des inventions, - elle en réalisa 110 dont 49 furent brevetées - fut Beulah Henry, Memphis, Tennessee.
Voici quelques unes de ses inventions :
- le congélateur de glace sous vide (1912)
- la première machine à coudre sans bobine (1940)
- la « protographie », une machine à écrire manuelle qui réalisait 4 copies d’un même document. (1932)
- « l’éponge savonneuse » pour enfants (1929)
La súper crac de los inventos, -realizó 110 de los cuales 49 fueron patentados – fue Beulah Henry, Memphis, Tennessee.
Aquí unos de sus inventos:
- el congelador de hielo al vacío (1912)
- la primera máquina de coser sin bobina.(1940)
- la “protografía”, una máquina de escribir manual que realizaba 4 copias del mismo documento. (1932)
- “La esponja jabonosa” para niños (1929)
Melitta, ça vous dit, ça vous dit…. mais oui, les filtres à café. Nous les devons à une allemande, Melitta Benz. Sa machine fut brevetée en 1908.
Bette Nesmith, secrétaire et artiste, n’avait jamais pensé être inventrice et se contentait d’essayer de résoudre les problèmes de mécanographie et tachygraphie qui se présentaient…ici les fautes de frappe ! Elle « fabriqua » donc cette substance liquide et blanche qui sèche rapidement. Merci Bette, fort pratique !
Melitta, os suena…sí, sí, los filtros de café. Se lo debemos a una alemana, Melitta Benz. Su máquina fue patentada en 1908.
¿Y el Typp-ex?
Bette Nesmith, secretaria y artista, nunca había pensado en ser inventora y se limitaba a intentar resolver los problemas de mecanografía y tipografía que se presentaban…aquí las faltas de mecanografía. “Fabricó” pues esa sustancia líquida y blanca que seca rápidamente. Gracias Bette, ¡Muy útil!
Comme j’aimerais toutes les nommer, vous raconter leur histoire, comme celle de Mary Anderson, qui inventa le l’essuie-glace en 1903, ou celle de Tabitha Babbit qui breveta la scie circulaire en 1812….la liste est, fort heureusement, longue !
¡Cómo me gustaría nombrarlas todas, contaros su historia, como la de Mary Anderson que inventó el limpia-parabrisas en 1903, o la de Tabitha Babbit que patentó la sierra circular en 1812…la lista es, por suerte, muy larga!
08:07 Publié dans billet | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : brevets, femmes, inventions
























