14/10/2017

José Carlos Llop, deux langues indissociables

En ce moment de décisions importantes en Espagne, je relaye un article paru das le journal La Croix, de José Carlos LLop 
N'ayant pas trouvé l'article en espagnol, je ne l'ai pas retraduit dans sa langue originale de peur de trahir l'auteur

"L’écrivain José Carlos Llop est né et vit à Palma de Majorque, où il dirige la bibliothèque Lluís-Alemany consacrée aux patrimoines des îles Baléares.


Je suis d’un pays où l’on parle, lit et écrit deux langues. C’est une richesse qui nous est donnée dès l’enfance, comme nous sont données la beauté du paysage et notre condition d’insulaires. En effet, je ne suis pas de Catalogne, terre continentale, je suis de Majorque, une île de la Méditerranée occidentale.
Et en tant qu’insulaire, ces deux langues – le castillan et le catalan – me sont aussi familières que les deux langages que possède tout insulaire : le langage de la mer – qui nous entoure et qui nous isole du monde et nous met en relation avec le monde – et le langage de la terre. L’un et l’autre sont inséparables comme sont inséparables, en ce qui me concerne, le castillan (ou espagnol) et le catalan de Majorque (ou majorquin).
En vertu de cette indissociabilité, il y a des choses naturelles que nous disons dans une langue – le catalan – et que nous ne disons en castillan que si cela est nécessaire. Il en est ainsi, par exemple, des poissons ou des champignons de la forêt. Les arbres et les plantes – la botanique de Linné – parlent dans les deux langues, comme nous-mêmes ou comme les animaux de la terre. Et comme la littérature.

Il y a des irréductibles. Ce n’est pas mon cas.

Ici, il est vrai, il y a des irréductibles : ou dans une langue ou dans l’autre. Ce n’est pas mon cas. De la même façon que dans ma vie de tous les jours je parle les deux langues et écris des lettres et des courriers électroniques également dans les deux langues, j’ai écrit la plus grande partie de mes livres – poésie, romans et essais – en espagnol, mais j’ai aussi écrit de la poésie et du théâtre en catalan, parce que c’était la langue que le texte réclamait ou, ce qui est la même chose, celle que réclamait ma vie personnelle.


De fait, je me promène d’une langue à l’autre et n’entends rien aux conflits linguistiques ni aux impositions, violentes ou pas. C’est pourquoi je refuse de renoncer à ma vie bilingue, comme je refuse la désaffection envers n’importe laquelle de mes deux langues, comme je me refuse à ceux qui veulent que mon pays change au point que nous serons nombreux à être expulsés du lieu où nous avons vécu et vivons ensemble. Non pas qu’on nous fasse bouger, mais simplement parce que cette nation de pays – l’Espagne, telle que nous l’entendons et comme elle s’entend, bien ou mal, depuis plusieurs siècles – cesserait d’exister.

Le début d’un ouragan européen

Mais ce tourbillon dans lequel nous sommes plongés maintenant n’est pas arrivé tout seul. C’est le début d’un ouragan européen, si les choses ne changent pas. Une des métamorphoses de la postmodernité a été de transformer un sentiment hérité du romantisme – langue, culture, nation – en incubateur du ressentiment.
Ce ressentiment se répand dans toute l’Europe – comme il s’est répandu au siècle dernier, en Orient, contre l’Europe (il faut lire Pankaj Mishra) – pour une raison très simple : le narcissisme. Le narcissisme européen, maladif, et le narcissisme adolescent de la postmodernité.
La crise économique a laissé plusieurs générations seules face au miroir, après une longue nuit de fête. Et ce qu’elles ont vu ne les satisfait pas. C’est une fièvre en passe de se transformer en épidémie qui veut nous expulser de notre conception du Vieux Continent comme lieu de liberté et de vivre-ensemble, démocratique.
Dans chacune des nations qui le composent, la fracture s’est produite – ou se produira – au point le plus faible. Dans le cas de l’Espagne, par deux formes de ce qu’on appelle maintenant populisme : le nationalisme identitaire et le postcommunisme engagé. Et personne n’a su créer un discours porteur d’espoir, capable de contrebalancer la menace sécessionniste et de protéger ceux qui ne trouvent pas refuge sous la bannière identitaire.

« Le monolinguisme est un poison »

J’écris ces lignes le jour où le prix Nobel de littérature est décerné à Kazuo Ishiguro, le Britannique d’origine japonaise qui a transformé la figure classique du majordome anglais en réplique de la vieille geisha. Orient et Occident. Catalan et espagnol. C’est-à-dire européen. Et le prix Nobel au milieu : tout le contraire de la convulsion.
Ishiguro a dit aux journalistes : « Nous sommes préoccupés en tant qu’individus : nous voyons l’essor du populisme et des nationalismes. » Et un des favoris de cette année, le Kenyan Ngugi Wa Thiong’o, avait affirmé : « Le monolinguisme est un poison, le dioxyde de carbone des cultures, alors que le bilinguisme en est l’oxygène. »


Je me suis souvenu d’un autre lauréat du prix Nobel, le poète Derek Walcott, qui parlait de la richesse d’être un homme traversé par deux langues. C’est mon cas. Et les langues sont ici la métaphore d’un mode de vie et de pensée où l’une et l’autre se renforcent, et séparées elles placent ce mode de vie et de pensée dans la même situation que l’enfant sous l’épée de Salomon. C’est ce que serait mon pays, si venait à triompher le mépris des lois et de l’État, la fracture sociale – comme cela s’est produit en Catalogne – et la conjuration des sots. D’un côté et de l’autre, cette conjuration, mais maintenant il s’agit de la volonté de civilisation face à la force du ressentiment, maquillé en nationalisme et en révolution postmoderne."

Traduit par Edmond Raillard 
 
 
 

08/10/2017

Regarder avec innocence / Mirar con inocencia

Chemins du miroir
 
1964 Alejandra Pizarnik* (La piedra de la Locura)
l
Et surtout regarder avec innocence. Comme si rien ne se passait, ce qui est vrai.
ll
Mais toi je veux te regarder jusqu’à ce que ton visage s’éloigne de ma peur comme un oiseau du bord philosophe de la nuit.
lll
Comme une fillette de craie rose sur un très vieux mur soudain effacé par la pluie.
lV
Comme quand une fleur s’ouvre et révèle le cœur qu’elle n’a pas.
V
Tous les gestes de mon corps et de ma voix pour faire de moi l’offrande, le bouquet qu’abandonne le vent sur le seuil.
Vl
Couvre la mémoire de ton visage avec le masque de celle que tu seras et qui effraye la fillette que tu fus.
Vll
La nuit des deux se dispersa avec la brume. C’est la saison des aliments froids.
Vlll
Et la soif, mon souvenir est de soif, moi en bas, au fond, dans le puits, je buvais, je me souviens.
lX
Tomber comme un animal blessé dans le lieu qui allait être celui des révélations.
X
L’air de rien. De rien du tout. Bouche cousue. Paupières cousues. J’ai oublié.
Au dedans le vent. Tout fermé et le vent dedans.
(Trad: Colette)
 
* Une poètesse que j'admire, qui me fascine aussi. Si vous avez oublié qui elle est, c'est ici
 
Girl at the mirror, Norman Rockwell (1954)
 
 
 
CAMINOS DEL ESPEJO, 1964
 
Alejandra Pizarnik (La Piedra De La Locura)
I
Y sobre todo mirar con inocencia. Como si no pasara nada, lo cual es
cierto.
II
Pero a ti quiero mirarte hasta que tu rostro se aleje de mi miedo como
un pájaro del borde filoso de la noche.
III
Como una niña de tiza rosada en un muro muy viejo súbitamente
borrada por la lluvia.
IV
Como cuando se abre una flor y revela el corazón que no tiene.
V
Todos los gestos de mi cuerpo y de mi voz para hacer de mí la
ofrenda, el ramo que abandona el viento en el umbral.
VI
Cubre la memoria de tu cara con la máscara de la que serás y asusta a
la niña que fuiste.
VII
La noche de los dos se dispersó con la niebla. Es la estación de los
alimentos fríos.
VIII
Y la sed, mi memoria es de la sed, yo abajo, en el fondo, en el pozo,
yo bebía, recuerdo.
IX
Caer como un animal herido en el lugar que iba a ser de revelaciones.
X
Como quien no quiere la cosa. Ninguna cosa. Boca cosida. Párpados
cosidos. Me olvidé. Adentro el viento. Todo cerrado y el viento
adentro.
 

30/09/2017

Vers la beauté / Hacia la belleza

Une poétesse que j’avais peu lue, Emily Dickinson, un grand tort!
Una poetisa que había leído poco, un gran error!
 

 

 
 
Monet, Bord de mer à Saint Adresse
 
 
1540
 
Aussi imperceptiblement que le chagrin
L’été s’en est allé-
Trop imperceptible enfin
Pour ressembler à quelque perfidie-
Une quiétude s’est distillée
Comme un demi-jour commencé de longtemps,
Ou la nature qui aurait passé avec elle-même
Un après-midi séquestré-
L’obscurité s’est installée plus tôt-
Le matin, étranger, a brillé-
Courtoise, pourtant déchirante grâce,
Comme invitée, mais qui s’en serait allée-
Et ainsi, sans une aile,
Ni l’aide d’une quille
Notre été, léger, a pris la fuite
Vers la beauté.
 
1540
 
Imperceptible como una pena
El verano se alejó-
Demasiado imperceptible al fin
Para sentir su perfidia-
Una calma destilada
Cual crepúsculo detenido,
O la naturaleza que disfruta consigo
De la tarde secuestrada-
El anochecer acudió más temprano-
La mañana ajena se iluminó-
Una cortés gracia que intimida,
Como el huésped que desea partir-
Y así, sin tener alas
Ni ayuda de una nave
Nuestro verano emprendió su escapada
Ligero en pos de la belleza.

1540

As imperceptibly as Grief
The Summer lapsed away —
Too imperceptible at last
To seem like Perfidy —
A Quietness distilled
As Twilight long begun,
Or Nature spending with herself
Sequestered Afternoon —
The Dusk drew earlier in —
The Morning foreign shone —
A courteous, yet harrowing Grace,
As Guest, that would be gone —
And thus, without a Wing
Or service of a Keel
Our Summer made her light escape
Into the Beautiful.

23/09/2017

Comme toi / Cómo tú

Un message d’espoir” dit Paco Ibañez avant de chanter ce poème de León Felipe (poète espagnol, exilé après la guerre civile,  Zamora 1884 - Ciudad de México, 1968) et il ajoute: ‘”celui qui lutte n’est pas mort”. 
Un poème dédié à nous tous, les petites gens.
 
 
 
 
 
Comme toi León Felipe
 
 
Ainsi est ma vie,
pierre,
comme toi. Comme toi,
petite pierre;
comme toi
pierre légère;
comme toi,
galet qui roule
sur les chemins
et les trottoirs;
comme toi,
humble caillou des routes;
comme toi
qui par les jours d’orage
t’aplatis
dans la boue de la terre
et puis
scintilles
sous les sabots
et sous les roues;
comme toi, qui n’as même pas servi
à être pierre
d’une halle de marché,
ni pierre d’un tribunal,
ni pierre d’un palais,
ni pierre d’une église;
comme toi,
pierre aventureuse;
comme toi
qui, peut-être, n’es faite
que pour une fronde,
pierre petite
et
légère...
 
(Trad: Colette)
 
 
 
Cómo tú León Felipe ( Zamora 1884 - Ciudad de México, 1968)
 
Así es mi vida,
piedra,
como tú. Como tú,
piedra pequeña;
como tú,
piedra ligera;
como tú,
canto que ruedas
por las calzadas
y por las veredas;
como tú,
guijarro humilde de las carreteras;
como tú,
que en días de tormenta
te hundes
en el cieno de la tierra
y luego
centelleas
bajo los cascos
y bajo las ruedas;
como tú, que no has servido
para ser ni piedra
de una lonja,
ni piedra de una audiencia,
ni piedra de un palacio,
ni piedra de una iglesia;
como tú,
piedra aventurera;
como tú,
que tal vez estás hecha
sólo para una honda,
piedra pequeña
y
ligera…
 
 
Paco Ibañez
No está muerto quien pelea”

16/09/2017

La pleureuse / La llorona

La Llorona est un spectre du folklore latino-américain qui, selon la tradition orale, se présente comme l’âme en peine d’une femme qui assassina ou perdit ses enfants, les cherche en vain, et effraye par ses pleurs saisissants.
La légende a de nombreuses variantes selon les pays, mais les faits principaux sont identiques.
Voici la chanson, une des versions en tout cas. 
L’interprète la plus connue de cette chanson est Chavela Vargas, je ne l’ai pas choisie mais une version plus épurée, j’espère que vous l’apprécierez.
 

La Llorona es un espectro del folclore latinoamericano que, según la tradición oral, se presenta como el alma en pena de una mujer que asesinó o perdió a sus hijos, busca a estos en vano y asusta con su sobrecogedor llanto a quienes la ven u oyen. Si bien la leyenda cuenta con muchas variantes, de acuerdo al país, los hechos  son siempre los mismos.(Wiki)

 
La llorona ( La pleureuse)
 
Si parce que je t’aime
tu veux, llorona, ma mort,
que ta volonté soit faite
Aïe llorona
puisse Dieu m’enlever la vie,
pauvre de moi, llorona,
llorona d’hier et d’aujourd'hui
hier je fus merveille, llorona
et aujourd’hui même pas une ombre.
Qu’ont-elles les fleurs llorona
les fleurs du cimetière.
Quand le vent souffle llorona,
on dirait qu’elles pleurent.
Pauvre de moi, llorona
llorona de bleu ciel
et même si je paie de ma vie
llorona, ne cesserai de t’aimer.
(Trad: Colette)
 

La llorona

Si porque te quiero
quieres llorona
que yo, la muerte reciba
que se haga tu voluntad
Ay llorona,
por suerte de Dios no viva
Ay de mi, llorona,
llorona, de ayer y hoy
ayer maravilla fui, llorona
y ahora ni sombra soy.
No se que tienen las flores llorona
las flores del campo santo.
No se que tienen las flores llorona
las flores del campo santo.
Que cuando las mueve el viento llorona,
parece que están llorando.
Que cuando las mueve el viento llorona,
parece que están llorando.
Ay de mi, llorona
llorona de azul celeste
y aunque la vida me cueste,
llorona no dejaré de quererte
 
 

 

 

 

 

 

09/09/2017

Maîtres des souvenirs / Dueños de los recuerdos

Rêver de souvenirs lointains; il y a peu une de mes sœurs m’a dit être passée devant la maison de notre grand-mère.
Je me souviens de tous les détails, des escaliers, des caves, de la chambre bleue au bout du couloir... Pourquoi ai-je rêvé que je m’y étais perdue?

 

Aujourd’hui, et sur ce thème, un poème de Silvina Ocampo (Buenos Aires, 1906 – 1993), une femme très connue pour ses contes qui sont passés à l’histoire de la littérature Argentine du xxºs pour la cruauté déconcertante qu’elle a su imprimer à certains protagonistes de ses récits.
 
Soñar con lejanos recuerdos; hace poco una de mis hermanas me dijo haber pasado delante de la casa de nuestra abuela.
Me acuerdo de todos los detalles, de las escaleras, del sótano, de la habitación azul al fondo del pasillo...¿Por qué habré soñado que andaba perdida allí?
 
Hoy, y sobre este tema, un poema de Silvina Ocampo (Buenos Aires, 1906 – 1993), mujer muy conocida por sus cuentos que pasaron a la historia de la literatura Argentina del siglo XX “por la crueldad desconcertante que supo imprimir en algunos protagonistas de estos relatos.”*
 
 
 
 
 
Le rêve récurrent
 
J’arrive comme je suis arrivée, solitaire, effrayée,

à la porte de rue en bois ciré.
 
J’ouvre la porte et j’entre, silencieuse, parmi les tapis.
Les ombres des murs et des meubles m’effrayent.
 
Je gravis les marches de marbre jaune,
avec des reflets rosés. Je pénètre dans un couloir.
 
Il n’y a personne, mais il y a quelqu’un caché dans les portes.
Les sombres volets sont tous ouverts.
 
De jour les hauts plafonds semblent
un ciel d’étoiles éteintes grandissantes.
 
Le souvenir conserve une ancienne rhétorique,
il s’élève comme un arbre ou une colonne dorique,
 
habituellement il dort dans nos rêves
et nous en sommes, en secret, ses maîtres exclusifs.
(Trad: Colette)
 
El sueño recurrente

Llego como llegué, solitaria, asustada,
a la puerta de calle de madera encerada.

Abro la puerta y entro, silenciosa, entre alfombras.
Los muros y los muebles me asustan con sus sombras.

Subo los escalones de mármol amarillo,
con reflejos rosados. Penetro en un pasillo.

No hay nadie, pero hay alguien escondido en las puertas.
Las persianas oscuras están todas abiertas.

Los cielos rasos altos en el día parecen
un cielo con estrellas apagadas que crecen.

El recuerdo conserva una antigua retórica,
se eleva como un árbol o una columna dórica,

habitualmente duerme dentro de nuestros sueños
y somos en secreto sus exclusivos dueños.

02/09/2017

Des cailloux, des pierres et des rochers / Guijarros, piedras y rocas

La lumière pâlit le soir arrivant .

On nous propose une promenade en montagne: "On ira vers 18h en voiture au sommet, il fera moins chaud et puis, nous dit-on, c'est tout plat". Parfait!
La luz palidece al llegar la tarde. Nos proponen un paseo por la montaña:"Nos iremos sobre las 18h en coche hasta la cima, hará menos calor y además, nos dicen, es todo plano." ¡Perfecto!

 
 
 
 


Le chemin de cailloux, entouré de rochers, montait lentement mais sûrement, il faisait encore fort chaud, 32º : ne jamais croire ceux qui...

El camino de guijarros, rodeado de rocas, subía lentamente pero subía, todavía hacía mucho calor, 32º: no creer nunca los que...

 

 


Un flanc de montagne où on cultivait jadis, - de la vigne peut-être, des oliviers à coup sûr -, tout en terrasse (marjades); construire là ces murets de pierre sèche a dû être un travail de titan.  La Sierra de Tramuntana en est recouverte, et ces murs datent de l'époque musulmane. Au jour d’aujourd’hui beaucoup sont abandonnés.

La ladera del monte dónde se cultivaba antaño - viñas tal vez, olivos seguro,- hecha de terrazas (marjades); construir allí los muros de piedra seca debió ser un trabajo de titanes. Esas terrazas datan de la época musulmana y la Sierra de Tramuntana está recubierta de ellas. A día de hoy muchas están abandonadas.

 

 


La brume empêche de voir très loin, mais l'effort est plus que récompensé.
La calima impide ver muy lejos, pero el esfuerzo valió la pena.


Ici on se trouve près d'Estellencs.  La végétation est rare: pins, chênes verts, oliviers, quelques arbousiers...et des pierres, cailloux et rochers.

Aquí nos encontramos cerca de Estellencs. La vegetación es escasa: pinos, encinas, olivos, algún madroño...y piedras, guijarros y rocas.

 

 

 
Très intriguées ma fille et moi par cette plante sans feuilles, omniprésente, nous avons demandé à un couple d'amis qui nous a éclairées: "c'est une liliacée !  Et probablement une ornithogale." De la famille des asperges sauvage. Merci!
 
Muy intrigadas mi hija y yo por esta planta sin hojas, omnipresente, preguntamos a una pareja de amigos que nos aclaró la cosa: "es una liliácea! Y probablemente una ornitogalum." De la familia de los espárragos salvajes. ¡Gracias!



Notre jeune compagnon, - je me demande encore pourquoi il se cachait, une photo en contre plongée? - et sa chienne.
Nuestro joven compañero - todavía me pregunto por qué se escondía - y su perra.


Peu à peu, et comme prévu, le soleil se cache derrière le Galatzó.
Nous redescendons, ravis, bien plus vite! 
  Poco a poco, y como previsto, el sol se esconde tras el  Galatzó.
Bajamos encantados, y mucho más de prisa!

26/08/2017

Le rouge de Juan Gris / El rojo de Juan Gris

Je crois que si je n’avais pas vu le nom du peintre de "La chanteuse", je ne l’aurais jamais deviné; ce tableau est tellement différent de tous ceux que je connais de Juan Gris. Il a été peint peu avant sa mort....un dernier amour?
Creo que si no hubiera visto el nombre del pintor, nunca lo habría adivinado: este cuadro, La Cantante es tan distinto de todos los que conozco de Juan Gris. Fue pintado poco antes de su muerte, ¿un último amor?
 
La chanteuse 1926 Juan Gris
 
 Vous aviez une robe toute rouge, avec des souliers rouges, vous étiez inouïe, vous aviez l’air d’une espèce de grande fleur de sang, d’un rubis en flamme… “              Marcel Proust
 

 

Si nous avions déjà parlé de lui lors des billet sur Marie Blanchard, ici et ici , jamais je ne lui avais dédié un billet.
Si bien es verdad que habíamos hablado de él en las entradas de Marie Blanchard, (aquí y aquí)  nunca le había dedicado una entrada.
 
José Victoriano González-Pérez, connu comme Juan Gris, est né à Madrid en 1887.
José Victoriano González-Pérez conocido como Juan Gris, nació en Madrid en 1887.
 
Pour fuir le service militaire à 19 ans il part  à Paris. Jusque là sa seule activité artistique avait consisté en des illustrations pour des revues de poésie et pour la presse en général.
Que fait-il à Paris? Au début la même chose, des dessins pour des revues française comme “L’assiette au beurre” mais il fera vite la connaissance de Picasso, Guillaume Apollinaire, de Marie Blanchard et de Georges Braque et vers 1910 il commence à se dédier uniquement à la peinture.
1915 Pipe et journal, Fantomas

Sous l’influence de Cézanne, Picasso et Braque il incorpore en 1912 le mouvement cubiste et signe un contrat d’exclusivité avec un marchand.
Huyendo del servicio militar se traslada a París. A los 19 años Hasta ese momento su única actividad artística había consistido en ilustraciones para revistas de poesía y prensa en general.
¿Qué hace en París? Primero continúa dibujando para periódicos y revistas francesas como "L´Assiette au Beurre" pero pronto conocerá a Picasso, a Guillaume Apollinaire y a Georges Braque y a partir de 1910, empieza a dedicarse por completo a la pintura.

 

Las influencias de Cézanne, Picasso y Braque hacen que en 1912 se incorpore al movimiento cubista y firma un contrato en exclusiva.
Su prioridad en pintura era la idea frente a la imagen del objeto representado. Parte de lo universal para alcanzar lo singular, así la imagen acabará pareciéndose a la idea, que es la verdadera realidad.
 
Trabaja la descomposición espacial, el collage y la técnica del papier collé .
Sus primeras obras son naturalezas muertas y algunos paisajes. En su paleta predominan los grises y ocres.
 
 
Sa priorité en peinture était l’idée face à l’image de l’objet représenté. Il part de l’universel pour atteindre le particulier, ainsi l’image finira par ressembler à l’idée,  la vraie réalité.
 
Pour ce faire il pratique, vous le voyez dans les deux tableaux ci-dessous, la décomposition spatiale, le collage et la technique du papier collé.
Ses premières œuvres sont des natures mortes et quelques paysages et sur palette dominent les gris et ocres.
Juan Gris, Le livre 1911

 
Maisons de Paris 1912

 

Poco a poco sus composiciones se van haciendo más rigurosas, simplifica los elementos despojándolos de todo lo anecdótico,  líneas más rígidas y ángulos más duros. 

Juan Gris, fenêtre ouverte, 1921
Una vez dominada la síntesis y simplificación de los objetos, Juan Gris estudia del mismo modo la figura humana. Ejemplo de ello son sus arlequines y pierrots.

A partir de 1921 sus formas se vuelven cada vez más redondeadas y blandas, Por ejemplo, Mujer con guitarra (1925)

 
 
Mais peu à peu ses compositions deviennent plus rigoureuses, il simplifie les éléments leur ôtant tout côté anecdotique, les lignes sont plus rigides et les angles plus durs.
Une fois qu’il domine cette simplification des objets, il étudie de la même façon la figure humaine. 

1922 Deux Pierrots (OU Arlequin et Pierrot?)
 
À partir de 1921 les formes deviennent plus rondes et tendres, voyez ce tableau, 

Femme à la guitare 1925
Hélas l’été 1825 son état de santé se mit à empirer, bronchites et asthme, et il mourut en mai 1927 a à peine 40 ans.
Picasso et Braque lui ont toujours fait de l’ombre et Juan Gris en souffrit beaucoup; il est bien moins connu qu’eux en France et a été longtemps ignoré en Espagne. Un des grands maîtres du cubisme, pourtant.

 

En agosto de 1925 su salud empeoró seriamente, sufre bronquitis y fuertes ataques de asma. En mayo de 1927 muere con apenas cuarenta años de edad.

Picasso y Braque siempre le hicieron sombra; es mucho menos conocido que ellos en Francia y, hasta hace poco, casi un desconocido en España.

 

19/08/2017

Laisser couler le temps / Dejar fluir el tiempo

 
 
 
 
Courte nuit d’été;
entre les joncs, s’écoulant,
l’écume des crabes.
 
Haïku de Yosa Buson.(...)
 
Le haïku est une émotion mais aussi l’étonnement de découvrir qu’on a besoin de peu pour transmettre le maximum, qui, en certaines occasions comme dans le haïku de Yosa Boson, coïncide avec le vide, avec le silence profond d’un courant par une nuit d’été avec des crabes glissant entre des joncs immobiles. Il ne faut pas aller si loin pour sentir le même étonnement ni l’émotion qu’on ressent en savourant les vers d’un vrai poète: “Ces jours bleus et ce soleil de l’enfance”, qui fut le dernier qu’écrivit Antonio Machado dans son exil français de Collioure et que ceux qui l’enterrèrent trouvèrent dans la poche de sa veste, écrit au crayon sur un papier.
Peut-on dire plus avec moins?
 
L’été est un haïku qui passe en volant. Comme la poésie, il n’a pas besoin de grands événements pour passer, au contraire: plus il est vide, plus il est répétitif et rempli de tranquillité, plus il glisse vite.
Comme les haïkus, les vacances sont un temps en suspension, vide dans le calendrier qui à peine contient plus de notes dans l’agenda qu’un dîner, un paysage ou le souvenir d’une nuit, mais qui nous accompagneront toujours précisément par leur intemporalité. Haïku signifie court, confrontation entre deux idées qui tendent à être la même et entre lesquelles s’interpose une autre, comme les vacances le font avec notre temps présent.
Pour cette raison – et par leur brièveté- il faut en profiter, et non parce que l’industrie des loisirs le dit, elle qui ignore consciemment, car elle en vit, que profiter du temps ne signifie pas le remplir d’obligations et de rendez-vous; tout au contraire: profiter du temps consiste à le laisser couler librement, comme les crabes du haïku de Yosa Buson, et de nos pensées.
 
Une année de plus a passé
Une ombre de voyageur sur ma tête
Sandales de paille à mes pieds", écrivit son maître Matsuo Bashô.
 
(Trad: Colette)
NB: c'est moi qui ai souligné les haïkus et  la phrase de Machado.
 
PS: cet article a été écrit et traduit avant les attentats de Barcelone. L'ombre du voyageur s'est voilée de deuil...
 
Berthe Morisot 1879, Jour d'été / Día de verano

Noche corta de verano: / entre los juncos, fluyendo, / la espuma de los cangrejos”.
(El) haiku de Yosa Buson, (...)
El haiku es una emoción pero también el asombro de descubrir que no se necesita mucho para trasmitir el máximo, que en ocasiones, como en el haiku de Yosa Buson, coincide con el vacío, con el silencio profundo de una corriente bajo una noche de verano con cangrejos deslizándose entre los juncos inmóviles. No hay que ir tan lejos para sentir ese mismo asombro ni la emoción que se experimenta al paladear los versos de un verdadero poeta: “Estos días azules y este sol de la infancia”, fue el último que escribió Antonio Machado en su exilio francés de Collioure y que quienes lo enterraron encontraron en el bolsillo de su chaqueta escrito a lápiz en un papel. ¿Se puede decir más con menos?
El verano es un haiku que pasa volando. Como la poesía, no necesita de grandes sucesos para discurrir, al revés: se desliza más rápido cuando más vacío, más repetido y lleno de tranquilidad. Como los haikus, las vacaciones son tiempos de suspensión, vacíos en el calendario que apenas dejan notas en las agendas más allá de una comida, un paisaje o el recuerdo de una noche pero que nos acompañarán ya siempre precisamente por su intemporalidad. Haiku significa corte, enfrentamiento entre dos ideas que vienen a ser la misma y entre las que se interpone otra, como las vacaciones hacen con nuestro tiempo presente. Por eso —y por su brevedad— hay que aprovecharlas, no porque nos lo diga la industria del ocio, que ignora conscientemente, puesto que vive de ello, que aprovechar el tiempo no significa llenarlo de obligaciones y citas; al revés: aprovechar el tiempo consiste en dejarlo fluir libremente, como los cangrejos del haiku de Yosa Buson, y con él nuestros pensamientos. “Un año más ha pasado / Una sombra de viajero en mi cabeza / Sandalias de paja a mis pies”, escribió su maestro Matsuo Bashô.

 
 
 

12/08/2017

Au plus haut de nous-mêmes / En lo más alto de nosotros mismos

Sans aucun doute les épreuves d’athlétisme du moment ont-elles un rôle dans le choix de ce poème, mais surtout les encouragements reçus et donnés au long de ma vie .
 
Sin ninguna duda las pruebas de atletismo del momento tienen algo que ver con la elección de este poema, pero sobre todo los ánimos recibidos y dados a lo largo de mi vida.
 
 
DULCE CHACÓN (Madrid 1954-2003)

 

 
La construction d’un rêve
 
On a toujours le temps pour un rêve.
 
Il est toujours temps de se laisser emporter
par une passion qui nous entraîne vers le désir.
 
Il est toujours possible de trouver la force
nécessaire pour prendre son envol et se diriger vers
le haut.
 
Et c’est là, là seulement sur les hauteurs ,que
nous pouvons déployer nos ailes de toute leur
extension.
 
Là seulement, au plus haut de nous-mêmes,
au plus profond de nos inquiétudes,
que nous pourrons écarter les bras, et voler.
 
(Trad: Colette)
 
 
 
Nafissatou Thiam saut en longueur
 
 
 

LA CONSTRUCCIÓN DE UN SUEÑO

Siempre hay tiempo para un sueño.
  Siempre es tiempo de dejarse llevar
por una pasión que nos arrastre hacia el deseo.

Siempre es posible encontrar la fuerza
necesaria para alzar el vuelo y dirigirse hacia
lo alto.

Y es allí, y solo allí, en la altura, donde
podemos desplegar nuestras alas en toda su
extensión.

Solo allí, en lo más alto de nosotros mismos,
en lo más profundo de nuestras inquietudes,
podremos separar los brazos, y volar.

 

05/08/2017

Les hirondelles / Las golondrinas

Manuel Vicent

El País, 30 julio 2017
 
 
"Peut-être, dans des années, des enfants qui jouent maintenant dans le jardin de la maison près de la mer, garderont en mémoire cet été 2017, ces vacances, comme celles où des hirondelles avaient fait leur nid dans une poutre de la terrasse.
Elles arrivèrent en avril, la femelle choisit un mâle à son goût pour s’accoupler et ensemble ils commencèrent à coller avec leurs becs de petites mottes de boue; et une fois l’œuvre terminée, elle pondit cinq œufs blancs avec de petites taches noires et les deux les couvèrent à tour de rôle. C’était leur seconde couvée.
Il fallut mettre quelques fauteuils de côté et poser un journal ouvert par terre.
Que se passait-il dans le monde entre-temps? De petits excréments d’hirondelles tombaient sur une page où on pouvait lire: bombardement à Alep, un suicide cause une autre boucherie en Irak. Au bout de trois semaines apparurent au bord du nid cinq oisillons, la bouche toujours ouverte, et que les parents essayaient de rassasier faisant au moins 300 voyages par jour, amenant des insectes qu’ils chassaient en vol. Un des oisillons, le plus faible, lors d’une lutte féroce pour la nourriture, fut expulsé du nid par ses frères.
Il apparut mort un matin sur le titre du journal qui annonçait le naufrage d’une autre barque et d’une centaine de migrants noyés dans la mer d’Alboran.
Les enfants l’enterrèrent avec des larmes, sous le citronnier, mais la lutte fratricide pour la vie continuait. Quelques jours plus tard un autre oisillon tomba du nid et mourut sur la nouvelle d’une tuerie en Afghanistan. Et dans le jardin il y eut un autre enterrement.
Les trois frères plus costauds grandirent, un jour ils abandonnèrent le foyer, les parents continuèrent à les alimenter, posés sur un fil; ils leur apprirent à voler, à chasser et quand ils eurent appris la leçon, ils disparurent.
Dans des années de ces vacances les enfants ne se rappelleront que de cet événement; ce sera cet été 2017 où ils enterrèrent deux oisillons d’hirondelles sous un citronnier."
(Trad: Colette)
 
 

 

"Tal vez dentro de muchos años para unos niños que ahora juegan en el jardín de la casa junto al mar este verano de 2017 será recordado como el de aquellas vacaciones en que unas golondrinas habían hecho su nido en una viga de la terraza. Llegaron en abril, la hembra eligió un macho de su gusto para aparearse y juntos comenzaron a pegar con el pico pequeñas cargas de barro y terminada la obra, ella puso cinco huevos blancos con motas negras y los dos por turno los incubaron. Esta era su segunda nidada. Hubo que apartar algunos sillones y poner un periódico abierto en el suelo. ¿Qué pasaba en el mundo mientras tanto? Pequeños excrementos de golondrina caían sobre una página en la que se podía leer: bombardeo en Alepo, un suicida causa otra carnicería en Irak. A las tres semanas asomaron por el filo del nido cinco polluelos con la boca siempre abierta que los padres trataban de saciar con al menos 300 viajes al día trayendo insectos que cazaban en el aire. A uno de los polluelos, al más débil, en la pelea feroz por la comida lo expulsaron del nido sus hermanos. Una mañana apareció muerto sobre el titular del periódico que daba el naufragio de otra patera con un centenar de inmigrantes ahogados en el mar de Alborán. Los niños lo enterraron con lágrimas bajo el limonero, pero la lucha fratricida por la vida continuaba. Días después otro polluelo cayó del nido y expiró sobre la noticia de una matanza en Afganistán y en el jardín hubo otro entierro. Los tres hermanos más fuertes crecieron, un día abandonaron el hogar, los padres los siguieron alimentando posados en un hilo; los enseñaron a volar, a cazar y cuando aprendieron la lección, desaparecieron. Dentro de muchos años de estas vacaciones los niños no recordarán otro acontecimiento; será aquel verano de 2017 en que enterraron dos polluelos de golondrina bajo el limonero."
Manuel Vicent
El País, 30 julio 2017

29/07/2017

Ce qui fut et ce qui manque.../ Qué ha sido y qué falta...

 Le rire, si absent en poésie...l'eau, si rare en tant de lieux.
La risa, tan ausente en poesía...el agua, tan escasa en tantos lugares.

1 poema de “El cielo de los topos” (2015), de Bruno Montané Krebs (Chile 1957)

 

Salvador Dali, "Muchacha en la ventana"



L’eau

Avec la mémoire des fleurs et le bruit
ton regard bouge dans l’eau.
Cette musique est le mouvement de tes yeux,
ces silences les pensées
qui, du fond, montent
au point de te rendre heureuse.
On sait en regardant l’eau
ce qui fut et ce qui manque
on pense à ce qui fait bouger
corps et orages.
Ton regard s’allume sous le toit
brillant de l’eau qui traverse les pores,
les cellules, l’éclat du ciel.
Et tu ris.
 
(trad: Colette)
 

EL AGUA

Con la memoria de las flores y el ruido
tu mirada se mueve en el agua.
Esa música es el movimiento de tus ojos,
estos silencios los pensamientos
que desde el fondo suben
a punto de hacerte feliz.
Al mirar el agua se sabe
qué ha sido y qué falta,
se piensa en qué mueve
cuerpos y tormentas.
Tu mirada se enciende bajo el brillante
techo del agua que traspasa los poros,
las células, el resplandor del cielo.
Y te ríes.

 

22/07/2017

Tout près../ Muy cerca...

Le choix du poème d'aujourd'hui  est dû, en partie, à la lecture  dans un journal local qu'entre vendredi et dimanche dernier, un demi million de passagers sont passés par l'aéroport de Palma de Mallorca, soit 6.800 par heure. De la folie. (Le total des îles Baléares compte un petit million d’habitants)
 
La elección del poema de hoy es debida, en parte, a la lectura en un diario local diciendo que entre el viernes pasado y el domingo, medio millón de pasajeros transitaron por le aeropuerto de Palma de Mallorca. O sea 6.800 por hora. Una locura.
 

Écrit en catalan par le Valencien Josep Piera, j'ai mis la version originale, sa traduction en espagnol et en français.



No cal anar molt lluny.
Ni trepitjar descalç viaranys plens de vidres
ni ofegar-se en el mar per tal de beure llum,
la llum, paraula mítica, metàfora de seny.
Allò que cerques ho tens davant de tu.
Per gaudir un infern no cal prendre vaixell.
No cal anar tan lluny.
Siga cau, siga avenc, drecera, cingle, foc;
no cal fugir enlloc; mira-ho tot prop i a punt:
objectes, cels, mons, paraules,
horitzons, presons, éssers o murs.
No cal anar més lluny.
Només l'esguard i el tacte
aboleixen distàncies.
(...)
 
Cants i encants.
 
Devant chez moi, cet été /Delante de mi casa, este verano

 

 
 

 

Pas besoin d'aller très loin.

Ni de marcher pieds nus sur des chemins semés de verre

ni de se noyer dans la mer pour boire de la lumière,

la lumière, mot mythique, métaphore de sagesse.

Ce que tu cherches est là, devant toi.

Pour jouir d'un enfer pas besoin de prendre un bateau.

Il ne faut pas aller si loin.

Que ce soit un terrier, ou un abîme, un raccourci, des rochers, du feu;

inutile d’échapper nulle part; regarde, tout est près et prêt:

objets, ciels, mondes, mots.

Pas besoin d'aller plus loin.

Seuls le regard et le toucher

abolissent les distances.
 
(...) 

Josep Piera
 

(trad: Colette)

 
 

 

No hace falta ir muy lejos.
Ni pisar descalzo senderos llenos de cristales
ni ahogarse en el mar para beber su luz,
la luz, palabra mítica, metáfora de la sensatez
Aquello que buscas lo tienes ante tí.
Para gozar un infierno no hace falta embarcarse
No hace falta ir tan lejos.
Sea madriguera, sea sima, atajo, risco, fuego;
no hace falta escapar; míralo todo cerca y a punto:
objetos, cielos, mundos, palabras,
horizontes, cárceles, seres o muros.
No hace falta ir más lejos
Solo la mirada y el tacto
anulan las distancias.
Josep Piera
 
(Trad: AH et MAH, gracias)

15/07/2017

La Cumbia, música Colombiana

Yo me llamo cumbia, yo soy la reina por donde voy,
no hay una cadera que se este quieta donde yo estoy,
mi piel es morena como los cueros de mi tambor,
y mis hombros son un par de maracas que besa el sol.

Je m’appelle cumbia, où que j’aille je suis la reine,
pas une hanche ne reste immobile quand je suis là,
ma peau est brune comme les cuirs de mon tambour,
et mes épaules sont deux maracas qui embrassent le soleil.
 

 
 
La Cumbia: une musique qui fait apparaître des sourires dès qu’elle résonne. L’origine de Cumbia serait le mot africain “Cumbé” qui signifie nouba ou fête. Plaisirs donc, image de gaîté et témoin de l’influence africaine sur le côte Atlantique de la Colombie où on situe son origine vers le XVIIIº siècle. 
 
La Cumbia es una música que hace aparecer la sonrisa en cuanto suena. Cumbia vendría de la palabra africana “Cumbé” que significa Fiesta. Asi pues placer además de imagen de la alegría y testimonio de la influencia africana en la costa atlántica de Colombia donde se sitúa su origen hacia el siglo XVIII.
 
Ce genre musical, fusion de trois éléments ethnoculturels, représente la Colombie: les indigènes, les africains “importés” par les blancs pour travailler dans les plantations et les espagnols avec leurs romances. De ce mélange naît la Cumbia.
        "Avec le guaguanco cubain, la Cumbia est considéré par beaucoup comme la reine des rythmes afrocaribéens. Sa combinaison de tambours africains, mélodies créoles et danses indiennes font d’elle un rythme unique qui a influencé d’autres styles latins. C’est sans doute l’expression la plus pure du métissage colombien”.
 
Ese estilo musical, fusión de tres elemento etnoculturales, representa a Colombia: los indígenas, los africanos “importados” por los blancos para trabajar en las plantaciones y los españoles con sus canciones de amor. De esa mezcla nace la Cumbia.
Junto con el guaguancó cubano, la Cumbia es considerada por muchos como la reina de los ritmos afrocaribeños. Su combinación de tambores africanos, melodías criollas y danzas indias; hacen de ella un ritmo único que también ha tenido influencia en otros géneros latinos. Es quizás la expresión más pura del mestizaje colombiano.”*
 

Dans les années ‘30 la Cumbia se transforme sous l’influence des classes plus aisées et passe d’être uniquement instrumentale à avoir des paroles; on y intègre aussi l’accordéon et, plus tard, des instruments électroniques et un orchestre complet.
 
En los años 30 la Cumbia se transforma bajo la influencia de las clases más acomodadas y pasa de ser únicamente instrumental a tener palabras; se añade también el acordeón y, más tarde, instrumentos electrónicos y una orquesta completa. 



L’intérêt pour l’héritage musical a fortement augmenté ces derniers temps et partout des jeunes prennent tambours, maracas...un retour aux sources.
El interés por la herencia musical ha aumentado fuertemente en los últimos tiempos y cada vez más jóvenes retoman tambores y maracas...una vuelta a los orígenes.
PS: Après avoir visionné pas mal de versions modernes, techno et autres je dois avouer que j’ai un peu de mal avec le kitsch des images…je vous ai mis deux exemples plus classiques donc!
PS: Después de haber visto numerosas versiones modernas, tecno y otras, debo reconocer que me cuesta apreciar lo kitsch de las imágenes. Por eso he puesto dos ejemplos de lo más clásico.
 

08/07/2017

Arrivé jusqu'ici / Llegado hasta aqui

Quel âge avait Pedro Mairal, ce brillant écrivain (romans, contes et poèmes) Argentin de 47 ans, quand il écrivit ce poème-bilan? Peut-être 30 ans, l'âge moyen qu'atteint  un cheval…
¿Cuántos años tenía Pedro Mairal, ese brillante escritor (novelas, cuentos y poemas) Argentino de 47 años, cuando escribió este poema? Tal vez 30 años, edad media que alcanza un caballo….
 
Offrande
 
J'ai l'âge où meurent les chevaux,
l'âge où l'arbre
s'offre tout entier au ciel.
Ma peur est une faune secrète qui me cherche,
de la mer je ne suis qu'un nombre de vagues.
J'ai des dents et des peines et des souliers,
j'ai une fête éternelle qui parfois me convoque.
Je connais une femme, peut-être, sauf le mystère
du ventre des étoiles de la nuit.
Je ne sais combien de soleils il reste à ma poitrine,
je sais qu'il a fait bon vivre et j'élève ces années
comme une offrande brûlante.
Par dessus le taureau d'ombre des jours,
par dessus le dégoût et la peur et les miroirs,
je suis arrivé jusqu'ici.
(Trad: Colette)
 
OFRENDA Pedro Mairal
 
Tengo la edad en la que mueren los caballos,
la edad en la que el árbol
se ofrece entero al cielo.
Mi miedo es una fauna secreta que me busca,
del mar soy sólo un número de olas.
Tengo dientes y penas y zapatos,
tengo una fiesta eterna que a veces me convoca.
Conozco a una mujer, tal vez, salvo el misterio
de la panza de estrellas de la noche.
Yo no sé cuántos soles le quedan a mi pecho,
yo sé que ha sido bueno vivir y alzo estos años
como una ofrenda ardiendo.
Por encima del toro de sombra de los días,
por encima del asco y el miedo y los espejos,
he llegado hasta aquí.