14/07/2018

Seulement voir / Solamente ver

Roberto Juarroz, 1925-1995; poète Argentin, un des meilleurs selon l'avis général et le mien en particulier:-)
Son oeuvre est réunie sous un unique titre: Poésie Verticale.
"Dans l'un de ses derniers recueils, Treizième poésie verticale, publié en 1993, Roberto Juarroz forme le vœu de parvenir à « dessiner les pensées comme une branche se dessine sur le ciel ».(wiki)

 

 

Ventana, Ernest Descals




Il dessinait partout des fenêtres.
Sur les murs trop hauts,
sur les murs trop bas,
sur les parois obtuses, dans les coins,
dans l'air et jusque sur les plafonds.


Il dessinait des fenêtres comme s'il dessinait des oiseaux.
Sur le sol, sur les nuits,
sur les regards tangiblement sourds,
sur les environs de la mort,
sur les tombes, les arbres.

Il dessinait des fenêtres jusque sur les portes.
Mais jamais il ne dessina une porte.
Il ne voulait ni entrer ni sortir.
Il savait que cela ne se peut.
Il voulait seulement voir : voir.
Il dessinait des fenêtres.

 

 Partout.

 

(Douzième poésie verticale, traduction de Fernand Verhesen)
 
Roberto Juarroz 1925-1995, considerado como el mejor poeta argentino de su tiempo, así lo veo yo también, reunió toda su obra bajo un mismo título, Poesía Vertical.
En su Trigésima y última Poesía Vertical, 1993, emite el deseo de dibujar los pensamientos como una rama se dibuja sobre el cielo.
 
 
Beatriz Kohn, Caracas, 1939
 
 
Dibujaba ventanas en todas partes.
En los muros demasiado altos,
en los muros demasiado bajos,
en las paredes obtusas, en los rincones,
en el aire y hasta en los techos. 
 
Dibujaba ventanas como si dibujara pájaros.
En el piso, en las noches,
en las miradas palpablemente sordas,
en los alrededores de la muerte,
en las tumbas, los árboles. 
 
Dibujaba ventanas hasta en las puertas.
Pero nunca dibujó una puerta.
No quería entrar ni salir.
Sabía que no se puede.
Solamente quería ver: ver.
Dibujaba ventanas. 
 
En todas partes.
 

07/07/2018

Assis ou couchés? / ¿Sentados o tumbados?

L'amour est une ortie qu'il faut moissonner chaque instant si l'on veut faire la sieste étendu à son ombre.”

El amor es una ortiga que uno debe segar a cada instante si se quiere dormir tendido en su sombra.”

Pablo Picasso
 
Picasso La siesta 1919
 
 
 
La sieste, ce moment délicieux pendant les après-midi d’été...
 
Énormément de peintres de tous pays ont croqué ces endormissements:
 
En voici quelques uns, espagnols. Tous s'intitulent La siesta ou Siesta.
 
 
La siesta, ese momento delicioso durante las tardes de verano…
 
Muchísimos pintores de todos los países han pintado esas somnolencias, he aquí algunos.
 
Españoles. Todos se titulan La siesta o Siesta
 
 
Siestes couchés, siestas tumbados
 
Goya
 
Joaquin Sorolla 1912          
 
Siestes assis, siestas sentados
 
La Migdia, Ramón Martí Alsina 1884

 

 

 

Julio Romero de Torres 1874-1930        


Siestes confortables? ¿Siestas confortables?

Miguel Prieto Anguita 1947

 

Román Ribera Cirera (1849-1935)                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                




 


 Et puis cette siesta-ci  qui me plaît tant, d'un Colombien, si reconnaissable. Finalmente esta siesta que tanto me gusta del Colombiano tan reconocible.

Fernando Botero (1932-   )
 

30/06/2018

Quitter l'enfance / Dejar la infancia

Hier sur la place du village, ils étaient partout, couraient derrière un ballon ou juste pour le plaisir, le besoin de courir.
Les enfants sont en vacances.
S’il existe multitude de poèmes sur l’enfance, voici le premier que je lis sur sa fin.
 
Ayer en la plaza del pueblo, estaban por todas partes, corrían tras una pelota o por el placer, la necesidad de correr.
Los niños están de vacaciones.
Si existen multitud de poemas sobre la infancia, he aquí el primero que leo sobre su fin.

ÁNGEL RUIZ DEL ÁRBOL (La Habana, Cuba. 1956).
 
 

Toboggans

 

Je parcours les rues qui
jadis étaient des rues.
Je suis sur les places qui
avant étaient l'enfance.
Je descends, degré par degré,
par des escaliers qui avant
étaient des toboggans.

Et à la chute, je me découvre
seul au milieu de rien.
Rien qui pour les autres est tout.
Rien ne reste déjà de cela…
Et cela, qui était tout,
Maintenant c’est le rien.
Et les doutes.
(Trad: Colette)
 
 
Escaleras La Habana-Cuba

 

 

 

ÁNGEL RUIZ DEL ÁRBOL (La Habana, Cuba. 1956).


Toboganes
Transcurro en calles que
Antes eran calles.
Sucedo en plazas que
Antes eran infancia.
Desciendo, peldaño a peldaño,
Por escaleras que antes
Eran toboganes.
 
Y al caer me descubro
Solo en medio de la nada.
Nada que para otros es todo.
Nada queda ya de aquello…
Y aquello, que era todo,
Ahora es la nada.
Y las dudas.

 

24/06/2018

Si j'étais.../ Si fuera...

Latitude

Juan Ramón Jiménez



Si j'étais comme un lieu de la mer ou du ciel;
le même et un autre toujours, avec les vagues,
le même et un autre toujours, avec les nuages;
ferme et errant,
hésitant et sûr de lui,
attendant et solitaire,
rencontré et inconnu,
aimé et oublié, et libre et prisonnier,
- un autre et le même toujours, avec mes nuages,
avec mes vagues -!

 

 
 
Sud de l'île de Mallorca

Latitud J.R. Jimenéz
 
¡Si fuera yo como un lugar del mar o el cielo;
el mismo y otro siempre son las olas,
el mismo y otro siempre con las nubes;
firme y errante,
dudoso y cierto,
aguardador y solitario,
encontrado y desconocido,
amado y olvidado, y libre y preso,
-otro y el mismo siempre, con mis nubes,
 
con mis olas-!
 
 

09/06/2018

Le banc / El banco

Un banc, des livres en tout genre, papier et stylo pour traduire des poèmes...tout est prêt pour une pause. Le temps de refaire le plein d'idées et de mots et je reviens.
Si vous passez, prenez place; je  vous attends à l'ombre.
 

Un banco, libros de todos tipos, papel y boli para traducir poemas....todo está listo para una pausa. El tiempo de llenar la libreta con ideas y poemas y vuelvo.
Si pasáis por aquí, tomad asiento, os espero a la sommbra.

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02/06/2018

Une belle vie, adios Señora


María Dolores Pradera, 93 ans vient de disparaître. Une toute grande dame de la chanson et de la scène de théâtre espagnoles. Une dame à l'esprit fin et rempli d'humour et à la voix grave, qui laisse un énorme répertoire de chanson espagnole et de musiques sud-américaines. Des sujets d'hier et de toujours, des fados, coplas, rancheras, balades et boléros.
Quelle chanson choisir? Je les aime toutes.

 




Acaba de desaparecer, a sus 93 años, maría Dolores Pradera, la gran dama de la canción española y del teatro. Une dame fina, inteligente, llena de humor. Su voz grave nos deja un repertorio enorme, temas de ayer y de siempre, fados, coplas, rancheras, baladas y boleros.
¿Qué canción elegir? Me gustan todas.

26/05/2018

Entre jeux de lueurs / Entre juegos de luces


Julia de Burgos (1914-1953)


Voici le troisième billet consacré à la poésie de la portoricaine Julia de Burgos.  Le premier était un pas vers le féminisme, ici. 
Dans le second une sélection de vers sensuels et musicaux,
ici.  Aujourd'hui, un poème délicat. J'ai gardé la belle traduction de E. Dupas
  

Presque l'aube


Presque l'aube,
comme dire  ruisseau plongeant dans la source
comme dire étoile,
comme dire colombe ailée au ciel.

Cette nuit a fui
presque l'aurore, presque la pleine lune entre des montagnes
comme une sensation d'hirondelle
qui picore son illusion sur une branche.

l'Aube, sans ailes pour fuir,
retour d'émotion jusqu'à l'âme
grains de maïs brûlés d'amour entre mes mains
que l'assaut de l'amour a rendues chastes.

Nuit déchirée au temps répété,
ville prisonnière d'essences hautes,
comme une clarté tu brises mon esprit
tu enfermes mon émotion comme une geôle. 

 
Amour muet et lointain...
Timide petite voix d'un dahlia,
je te veux ainsi, intime,
sans te savoir aux portes du matin,
presque souriante, ouverte entre les rires,
entre les jeux de lueurs, presque l'aube...
 
 

traduit de l'espagnol par E. Dupas

Aube sur champ de pavots- Oleh Rak

 

Casi alba,
como decir arroyo entre la fuente,
como decir estrella,
como decir paloma en cielo de alas.

Esta noche se ha ido casi aurora,
casi ronda de luna entre montañas,
como una sensación de golondrina
al picar su ilusión en una rama.

Amanecer, sin alas para huirse,
regreso de emoción hasta su alma,
palomitas de amor entre mis manos
que al asalto de amor subieron castas.

Noche rasgada al tiempo repetido,
detenida ciudad de esencias altas,
como una claridad rompes mi espíritu,
circundas mi emoción como una jaula.

Amor callado y lejos...
tímida vocecita de una dalia,
así te quiero, íntimo,
sin saberte las puertas al mañana,
casi sonrisa abierta entre las risas,
entre juego de luces, casi alba...
 



Biographies de Julia de Burgos
En español:

 
En français

19/05/2018

Passion / Pasión

 

Fable de Samaniego (1745-1801)
Les fourmis
 
 
Ce qu'aujourd'hui sont les fourmis,
Étaient les hommes d'antan:
De leurs biens propres et de ceux d'autrui
Ils faisaient leur provision.
Jupiter, qui depuis des siècles
Observait cette passion,
N'en pouvant plus,
En fourmis les transforma:
Ils changèrent de forme;
Et d'habitudes? Jamais.
(Trad: Colette)
 

 

Photo Kwarkito "Eurogroupe fourmis"  
 
Las hormigas 
Fábulas, Samaniego 
 Lo que hoy las hormigas son,
 Eran los hombres antaño:
 De lo propio y de lo extraño
 Hacían su provisión.
 Júpiter, que tal pasión
 Notó de siglos atrás,
 No pudiendo aguantar más,
 En hormigas los trasforma:
 Ellos mudaron de forma;
 ¿Y de costumbres? Jamás.

 

12/05/2018

Al-Andalus, l'amour des fleurs / El amor por la flores

J'ai lu que l'amour pour les fleurs dans la poésie (et dans l'art) de Al-Andalus se devait à ce que les berbères et les musulmans venaient de terres arides, désertiques. Une telle explosion de couleurs et d’odeurs les enchantèrent. Cela me semble une explication fort plausible.
Voici le poème le plus connu sur le sujet.



Leí que el amor por la flores en la poesía (y en el arte) de Al-Andalus se debía a que los musulmanes y bereberes procedían de tierras áridas, desérticas. Tal explosión de colores y olores les encantó. Eso me parece una explicación muy plausible.
Aquí va el poema más conocido sobre el tema.

 

 

JARDIN- JARDÍN

Yusuf ibn Harun ar-Ramadi

 
Le myrte, le lys, le jasmin vigoureux et la giroflée ont grand mérite et s’emparent des jardins.

Mais bien plus grand est le mérite de la rose.

Le myrte est-il autre chose que l’arôme qui s’éteint une fois jeté au feu? 
La rose, même fanée, laisse dans l’eau un parfum qui dure après elle.
 Le mal du lys est très commun: après un instant il descend dans la tombe.
 Le jasmin est humble d’origine, mais son odeur est solennelle et orgueilleuse.
Le caractère de la giroflée est perturbé, tout comme un voleur, elle s’éveille après les prières du soir.
La rose est la dame des jardins, bien qu’elle soit la servante du rose des joues.
(Trad.Colette)

El mirto, la azucena, el jazmín lozano y el alhelí tienen gran mérito y con él se enseñorea el jardín.

Pero el mérito de la rosa es aún mayor.


¿Acaso es el mirto otra cosa que aroma que se extingue arrojado al fuego?
La rosa, aun marchita, deja en el agua perfume que perdura tras de ella.
El mal de la azucena es muy común: tras un instante baja a la tumba.
El jazmín es humilde en sus orígenes, pero su aroma es solemne y orgulloso.
El carácter del alhelí está trastornado, es como un ladrón, se despierta tras la oración de la noche.


La rosa es la señora de los jardines, aunque es sierva de la rosa de las mejillas.

ABU ÚMAR YUSUF IBN HARUN AL RAMADI también llamado ABU YENIS nació en Córdoba. Grandes tinieblas cubren la vida y obra de este autor. Ya antes de los disturbios originados por guerra civil, a finales del siglo X, se había asentado en el Reino Taifa de Zaragoza,
Murió probablemente en el año 1022 aunque otras fuentes citan el 1013.

ABU ÚMAR YUSUF IBN HARUN AL RAMADI appelé aussi Abu Yenis est né à Cordoue. On sait fort peu de sa vie, de son œuvre, avant les grands troubles de guerriers de la fin du Xº siècle, il s'était établi dans le Royaume de Taifa de Saragosse.
Il est mort probablement en l'an 1022, certaines sources citent 1013..

 

05/05/2018

Poésie du temps de Al-Andalus

Pour commencer, quelques rappels historiques…

 

Tintero nazarí /Encrier Nazarí XIVºs  .http://elpoderdelaalhambra.com/piezas-destacadas/tintero-nazari/
 

Nous sommes un peu avant l’an 711 ; l’Espagne, à l’exception des Asturies, de la Cantabrie et du Pays basque, constituent le royaume des Wisigoths. Et l'Hispanie ne jouit pas d’une grande stabilité politique au moment où les musulmans partent à sa conquête

La naissance et la formation de Al-Andalus se sont faites progressivement, les conquêtes se réalisèrent entre 711 et 716. Toute l’Espagne (et l'actuel Portugal) fut envahie excepté le Pays Basque et quelques régions montagneuses de Cantabrie. Les musulmans tentèrent de s’étendre en France mais, vous le savez, ils furent vaincus à Poitiers (732) et se replièrent sur la péninsule ibérique.
Et ils décident d’établir leur capitale à Cordoue, apparemment fascinés par le Guadalquivir.



Al-Andalus (711-1492) est devenu dès le IXº siècle un foyer de haute culture et attira de nombreux savants, artistes….
Sur la Terre D’Islam qu’est Al Andalus, diverses populations aux cultures différentes se mêlaient : les musulmans (arabes, berbères, muladi) et européens musulmans, les slaves musulmans, puis les juifs et les chrétiens (mozarabes).

Alors mes amis, quand j’ai décidé de me plonger dans la poésie (en arabe mais largement traduite en espagnol ;-))  datant de cette longue époque musulmane, je me suis très vite vue submergée par un nombre incalculable de poètes, de poèmes écrits en arabe pendant les différents siècles.

On y parle d’amour, de fleurs et de parfums, de vin, de séparations, puis vers la fin, de la perte d’un paradis. Que choisir, quels poèmes traduire en français ?
En voici deux pour commencer.

Le poète Ibn Darray (958-1030) 
 
Si en les jardins où il habite
ne peux voir mon maître
dans les jardins du rêve
aurons notre rencontre

(Trad: Colo, MAH)

Le poète Ibn Baqi (m. 1145):

 

Quand le voile de la nuit
s’étend sur la terre,
du vin le plus odorant
            à ma belle je lève mon verre
.
Tel un baudrier tombe
sur moi sa chevelure,
et comme le guerrier prend
de sa main droite l’épée
j’enlace, moi, son cou,
qui au cygne ressemble.

       

Mais à voir que déjà s’incline,
fatiguée, la tête,
doucement je sépare
le bras dont elle m’enlace
et je pose sur ma poitrine
sa tempe, pour qu’elle y dorme.
Aïe! Mon coeur heureux
bat avec grande force.
Que cet oreiller est agité!
en lui ne pourra dormir.


(Trad: Colette, MAH)

Notes :
Si le sujet vous intéresse, voici le lien d’une superbe émission de Arte:

https://vimeo.com/101877438

Et aussi, à lire:
http://balises.bpi.fr/histoire/al-andalus------le-passe-a...

Jarrón de las gacelas, arte Nazarí. (Alhambra-Granada)
 

Para empezar, unos datos históricos...

Estamos en el año 711, España, a la excepción del País Vasco, de Cantábria y de Asturias constituyen el reino Visigodo. Hispania no goza de una gran estabilidad política en el momento en que los musulmanes deciden conquistarla.

 

El nacimiento y la formación de Al-Andalus se hizo de forma progresiva, las conquistas se escalonaron entre 711 y 716. España entera, excepto el País Vasco y algunas regiones montañosas de Catabria, fue invadida.

Los musulmanes intentaron extenderse en Francia pero, lo sabéis, fueron derrotados en Poitiers (732) y se replegaron en la península ibérica.

 

Decidieron establecer su capital en Córdoba, fascinados, por lo visto, por el Guadalquivir.

 

Desde el siglo IX Al-Andalus (711-1492) fue un foco de alta cultura y atrajo a muy numerosos eruditas, artistas…

En la tierra de Islam que era Al-Andalus, se mezclaban poblaciones de diversas culturas: los musulmanes (árabes, bereberes, muladi) y europeos musulmanes, los eslavos musulmanes, finalmente los judíos y los cristianos (mozárabes).

Entonces amigos, cuando decidí sumergirme en la poesía de esa época, me vi rápidamente desbordada por un número incalculable de poetas, de poemas escritos en árabe durante esos siglos.

 En ellos se habla de amor, de flores, de perfumes, de vino, de separaciones, y luego hacia el final, de la pérdida de un paraíso.

¿Cuáles elegir, cuáles traducir al francés?

Aquí, y para empezar, dos de ellos.

 

 
 
https://3.bp.blogspot.com/-lPAXkK0J8vw/Wulyuu7KrMI/AAAAAA...
 
El poeta  Ibn Darray (958-1030)
 
Si en los jardines que habita
me impiden ver a mi dueño,
en los jardines del sueño
nos daremos una cita.
 
http://enciclopedia.us.es/index.php/Archivo:Mihrab_mezqui...



EL poeta Ibn Baqi (m. 1145):
 
Cuando el manto de la noche
se extiende sobre la tierra,
del más oloroso vino
brindo una copa a mi bella.
Como talabarte cae
sobre mí su cabellera,
y como el guerrero toma
la limpia espada en la diestra,
enlazo yo su garganta,
que a la del cisne asemeja.
 
Pero al ver que ya reclina,
fatigada, la cabeza,
suavemente separo
el brazo con que me estrecha,
y pongo sobre mi pecho
su sien, para que allí duerma.
¡Ay! El corazón dichoso
me late con mucha fuerza.
¡Cuán intranquila almohada!
No podrá dormir en ella.

28/04/2018

Fougue / Fugosidad

Jeune Haïtien en Colère

Joven Haitiano en cólera
par Rene Depestre

C'est un temps où les hommes cherchent des fétiches et des mots magiques à accrocher aux malheurs quotidiens : les mots amour espoir et liberté meurent de froid et de chagrin sur toutes les lèvres.
Vient un jeune homme aventureux des îles il répudie le fauve qui traque les mots, en l'an 47 son sang devient fou à force de draguer la vie des mots.
Il congédie tous les mots usés
tous les mots qui ont le cou et les pieds
pris aux pièges à faucons et à vrais cons.
Il garde les mots qui débordent
en tous sens de son âme en danger :
les mots ensorceleurs des matins de voyage
les mots qui portent leur époque à bout de bras
les mots qui lèvent des baraques et des tentes
et des saltimbanques à la foire des mots.
 
Après avoir bouclé leur valise à magie
tout écume sous ma peau noire : tout
tremble, vibre, explose à merveille
dans mon jeu d'homme épris de soleil féminin.
La vie tourbillonne, ivre de la dynamique
solaire des mots,( tout en moi s'élève en flammes qui retombent toujours sur leurs roues.)
Je suis le moyeu de la roue des mots
je tourne autour du dieu païen des consonnes
mon esprit-alphabet brûle de tous ses feux avide de nommer des choses inconnues : arbres, animaux, êtres légendaires en orbite autour de la fée des voyelles !
 
je sens mes veines qui éclatent
dans la violette ébullition des mots !
leur sève tire le français de mes phantasmes :
les mots de
Bossuet emportés par les cent
chevaux à vapeur créoles de mes passions,
la prose à la joyeuse madame
Colette
- dans ses années potagères - tirée
par les bœufs sensuels de ma créolité !
ô fureur panthéiste des mots français porteurs de l'énergie qui met le feu à la géométrie des femmes !
Porteurs fous des roues qui ajoutent des courbes à la rotation du merveilleux féminin ! ô vertige des mots qui se lèvent tôt dans les draps de nos vingt ans !
 
Hapdaphaï
 
Es un tiempo donde los hombres buscan fetiches y palabras mágicas para colgar en las desgracias cotidianas: las palabras amor, esperanza y libertad se mueren de frío y de pena en todas las bocas.
Viene un joven aventurero de las islas, repudia la fiera que acosa a las palabras, en el año 47 su sangre enloquece a fuerza de cortejar la vida de las palabras.
 
Después de haber hecho su maleta de magia
todo bulle bajo mi piel negra: todo
tiembla, vibra, explota a las mil maravillas
en mi juego de hombre prendado del sol femenino.
La vida gira, ebria de la dinámica
solar des las palabras (todo en mi se eleva en llamaradas que siempre recaen sobre sus ruedas)
Soy el buje de la rueda de las palabras
giro alrededor del dios pagano de las consonantes
mi espíritu-alfabeto arde deslumbrante, ávido de nombrar las cosas
desconocidas: árboles, animales, seres legendarios en órbita alrededor del hada de las vocales!
(...)
Despide todas las palabras usadas
todas las palabras que tienen el cuello y los pies
atrapados en trampas para halcones y para bobos.
Guarda las palabras que desbordan,
indómitas, de su alma en peligro:
las palabras hechiceras de mañanas de viaje
las palabras que llevan su época a duras penas
las palabras que levantan barracas y tiendas
y saltimbanquis en la feria de las palabras.
 
Siento estallar mis venas
en la violeta ebullición de las palabras!
Su savia extrae el francés de mis fantasmas,
las palabras de
Bossuet llevadas por los cien
caballos de vapor criollos de mis pasiones,
la prosa alegre de madame
Colette
- en sus años hortelanos- arrastrada
por los bueyes sensuales de mi alma criolla!
Oh furor panteísta des las palabras francesas portadoras de la energía que enciende la geometría de las mujeres!
Porteadores locos de ruedas que añaden curvas a la rotación de la maravilla femenina! Oh vértigo de las palabras que madrugan en las sábanas de nuestros veinte años!
 
 
Traducción al español Colette y MAH
 
Biographie de René Depestre http://ile-en-ile.org/depestre/
 
Illustrations: Hapdaphaï
 

21/04/2018

Avec du safran, la paëlla / Con azafrán , la paella

 

Trop sèches, ou insipides,  ou pâteuses. Chiches en riz. Très onéreuses, voilà des défauts communs des paellas. Ah, ça, c’est tout un art et aucune ne se ressemble !
Demasiado secas, o insípidas, o pastosas. Escasas en arroz. Muy onerosas, ahí son los defectos comunes de las paellas. ¡Ha, es todo un arte y ninguna se parece!
 
                                                                                                 
Un peu d’histoire...La paëlla, mot d’origine latine « patella » puis du vieux français « paele » désignait la poêle plate avec, non un manche mais deux anses que vous connaissez sans doute. De la poêle au plat, voilà la paella moderne (notez que les 2 LL se prononcent Y et non L, comme dans paya, d’accord ?)
Son origine se trouve à Valencia aux XVº et XVIª siècles dans les zones maraîchères et humides (Albufera) où l’on cultive riz et légumes. Un plat complet auquel on ajoutait des morceaux de lapin, canard, des oiseaux, des escargots, enfin ce qu’on avait sous la main en plus des légumes de saison. La paella aux crustacés, dont on ignore si elle est contemporaine de la première, est née…au bord de la Méditerranée, oui !
On cuisait lentement le tout sur un feu de branches d’oranger. Je pourrais vous raconter tant d’autres choses, mais il vous suffira de taper « histoire de la paella »…Mr Google vous dira tout.
Un poco de historia…La paella, palabra de origen latina “patela” luego del francés antiguo “paele” designaba la sartén plana sin mango pero con dos asas que sin duda conocen. De la sartén al plato…
Su origen se encuentra en Valencia en los siglos XV y XVI en las zonas hortenses y húmedas (Albufera) donde se cultiva arroz y verduras. Un plato completo al cual se añadía trozos de conejo, pato, pájaros, caracoles, en fin, lo que se tenía a mano junto con las verduras de temporada. Se ignora si la paella de mariscos data de la misma época pero nació…al borde del Mediterráneo. ¡Sí!
Se cocía lentamente el arroz en un fuego con leña de naranjos. Les podría contar tantas otras cosas sobre este plato, pero les bastará teclear “historia de la paella” y el señor Google les dirá todo.
 
 
 Peinture: Conrado Meseguer
pintura-de-conrado-meseguer.jpg  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Traditionnellement ce sont les hommes qui la préparent, enfin qui la cuisent car les petites mains qui coupent tous les ingrédients à l’avance…c’est comme pour les barbecues, vous voyez ? Mais quand on est nombreux, les dimanches en famille, un repas avec des amis, c’est un repas complet et facile, qui plaît à tous et qui s’adapte à la bourse de chacun : tout dépend des ingrédients qu’on y met.
Mon amie italienne m’a raconté qu’invitée à un dîner chez des voisins allemands, elle a eu du mal à avaler une paella avec du poulpe et des saucisses…à chacun sa recette !
 
Son los hombres los que tradicionalmente la preparan, bueno que la cuecen ya que, al igual que con las barbacoas, son “las pequeñas manos” las que cortan antes todos los ingredientes… ¿ven lo que quiero decir? Pero cuando hay muchos comensales, los domingos en familia, una comida entre amigos, es un plato completo y fácil, que agrada a todos y se adapta al bolsillo de cada cual: todo depende de los ingredientes elegidos.
Mi amiga italiana me contó que, invitada a una cena en casa de unos vecinos alemanes, le costó tragar una paella con pulpo y salchichas… ¡a cada cual su receta!
 
Suite à cela, je me suis demandé si vous aussi vous aviez mangé des paëllas spéciales, si on en trouvait surgelées ou fraîches en Belgique, au Canada, en Suisse ou ailleurs. Peut-être même en préparez-vous ? Racontez-moi.
 
Después de eso me pregunté si ustedes también habían comido paellas especiales, si encontraban ese plato congelado o fresco en Noruega, Canadá, Suiza u otras partes. ¿Tal vez lo preparan ustedes mismos? Cuéntenme.
 

14/04/2018

Idylle / Idilio

 

 




Idylle
À Enrique Durán
Federico GARCÍA LORCA
 
Tu voulais que je te dise
le secret du printemps.
 
Mais je garde le secret
tout autant que le sapin.
 
Arbre dont les mille doigts
indiquent mille chemins.
 
Je ne te dirai jamais, mon amour,
pourquoi, lent, le fleuve coule.
 
Mais je mettrai dans ma voix coupée
le ciel cendré de ton regard.
 
Tourne autour de moi, ma brune!
Et prends soin de mes feuilles.
 
Tourne encore, tourne toujours
jouant à la noria de l’amour.
 
Même si je le voulais, je ne peux te dire,
hélas, le secret du printemps.
 
(Trad:Colette)
 
 
 
 
Idilio de Federico García Lorca

A Enrique Durán

Tú querías que yo te dijera

el secreto de la primavera.
 


Y yo soy para el secreto

lo mismo que es el abeto.
 


Árbol cuyos mil deditos

señalan mil caminitos.
 


Nunca te diré, amor mío,

por qué corre lento el río.
 


Pero pondré en mi voz estancada

el cielo ceniza de tu mirada.
 


¡Dame vueltas, morenita!

Ten cuidado con mis hojitas.
 


Dame más vueltas alrededor,

jugando a la noria del amor.
 


¡Ay! No puedo decirte, aunque quisiera,

el secreto de la primavera.

07/04/2018

Il y a cinq ans.../ Hace cinco años...

Il y a cinq ans donc, je publiais ce poème et j'y ai pensé en allant revoir la côte nord de l'île qui, à cette époque, avait brûlé. Calcinés les pins, les plantes, un spectacle désolant.
Et cinq ans plus tard... 
Hace cinco años pues, publicaba este poema y volví a pensar en él yendo a ver la costa norte de la isla que, en aquella época,se había quemado. Calcinados los pinos, la plantas, un espectáculo desolador.
Y cinco años más tarde...
 
 
2013   (clic pour agrandir)                                                    2018
                                                 
 

 

 

 
 
 

 

 

 

Des cistes en fleur, partout

 

 

 

 
 
 
 
 (poème déjà publié il y a 5 ans mais vous l'avez peut-être oublié:-)))
 
On dit que les plantes ne parlent pas

Rosalía de Castro 

 

 
On dit que ni les plantes, ni les sources, ni les oiseaux ne parlent,
Non plus la vague et ses grondements, ni les astres et leur brillance,
On le dit, mais c'est faux, car toujours quand je passe,
Ils murmurent et s'exclament:
- Voilà la folle rêvant
De l'éternel printemps de la vie et des champs,
Et déjà bien vite, bien vite, elle aura les cheveux blancs,
Et tremblante, gelée, elle voit que le givre couvre le champ.
 
 
- Il y a des cheveux blancs sur ma tête, et du givre dans les champs,
Mais je continue à rêver, pauvre, incurable somnambule,
À l'éternel printemps de la vie qui s'éteint
Et à la persistante fraîcheur des champs et des âmes,
Bien que les uns se fanent et les autres s'embrasent.
 
 
Astres et sources et fleurs, ne médisez pas de mes rêves,
Sans eux, comment vous admirer et comment vivre sans eux?
 
(Trad: Colette) 

Dicen que no hablan las plantas

Rosalía de Castro



Dicen que no hablan las plantas, ni las fuentes, ni los pájaros,
Ni el onda con sus rumores, ni con su brillo los astros,
Lo dicen, pero no es cierto, pues siempre cuando yo paso,
De mí murmuran y exclaman:
—Ahí va la loca soñando
Con la eterna primavera de la vida y de los campos,
Y ya bien pronto, bien pronto, tendrá los cabellos canos,
Y ve temblando, aterida, que cubre la escarcha el prado.

—Hay canas en mi cabeza, hay en los prados escarcha,
Mas yo prosigo soñando, pobre, incurable sonámbula,
Con la eterna primavera de la vida que se apaga
Y la perenne frescura de los campos y las almas,
Aunque los unos se agostan y aunque las otras se abrasan.

Astros y fuentes y flores, no murmuréis de mis sueños,
Sin ellos, ¿cómo admiraros ni cómo vivir sin ellos?

31/03/2018

Plumes au vent / Plumas al viento

Un poème léger ce week-end.

Un poema ligero este fin de semana.

 

 

Le vent dans un poème de / El viento en un poema de
 
 Carmen Boullosa (Mexico 1954)
 
 
 
 
 No eres la pluma...(Tu n'es pas la plume...)
 

Tu n’es pas la plume

qui au vent s’incline

ni le tiède cou de l’oie,

ni la peau de la timide pêche:

tu es la greffe de toute cette tendresse

dans la force de la forêt,

dans le saut d’un félin traqué.

(Trad: Colette)

Claude Monet.Le chêne, forêt de Fontainebleau- Claude MonetLe chêne, Fontainebleau


No eres la pluma 
que al aire se inclina,
ni el cuello tibio del ganso,
ni la piel del tímido durazno:
eres el injerto de toda esa ternura
en la fuerza del monte,
en el salto de un felino acorralado.