28.01.2012
Herbiers de F. Garcia Lorca / Herbarios, Lorca
En 2011 pas moins de cinq billets, tous fort différents, ont été consacrés ici au maestro García Lorca.
Vous avez ainsi pu lire un texte en prose où il nous parle de son enfance, de la nature, pleurer avec les lézards qui ont perdu leur anneau de mariage, vous immerger dans ses poèmes «Nocturnes», humer la brume d'automne et les rêves perdus et finalement, il y a peu, cette Romance de la Peine Noire, vous vous en souvenez? (Clic sur les mots si l'envie vous prend de les relire)
En 2011 no menos de cinco notas, muy diferentes, han sido dedicadas aquí al maestro García Lorca.
Así habéis podido leer un texto en prosa donde nos habla de su infancia, de la naturaleza, llorar con los lagartos que han perdido su anillo de boda, hundiros en sus poemas «Nocturnos», oler la bruma de otoño y los sueños perdidos y finalmente, hace poco, ese Romance de la Pena Negra, ¿os acordaís?
Aujourd'hui, dans une catégorie par lui appelée Herbiers, ces textes un peu mystérieux et pleins d'imagination; herbiers des rêves, des bruits...
Hoy, en una categoría por él llamada Herbarios, estos textos un poco misteriosos y llenos de imaginación: herbarios de los sueños, de los ruidos...
lll
En grand secret, un ami
me montre l'herbier des bruits.
(Chut...silence!
La nuit pend du ciel!)
À la lumière d'un port perdu
arrivent les échos de tous les siècles.
(Chut...silence!
La nuit oscille dans le vent!)
(Chut...silence!
De vieilles colères s'enroulent à mes doigts.
1927 (Trad: Colette)
lll
En mucho secreto, un amigo
me enseña el herbario de los ruidos.
(¡Chist...silencio!
¡La noche cuelga del cielo!)
A la luz de un puerto perdido
vienen los ecos de todos los siglos.
(¡Chist...silencio!
¡La noche oscila en el viento!)
(¡Chist...sielncio !
Viejas iras se enroscan en mis dedos.
1927
ÉCOLE
Maitre
Quelle jeune fille se marie
avec le vent?
Enfant
La jeune fille de tous
les désirs
Maitre
Que lui offre
le vent?
Enfant
Tourbillons d'or
et cartes superposées.
Maitre
Elle lui offre quelque chose?
Enfant
Son cœur ouvert.
Maitre
Dites comment elle s'appelle.
Enfant
Son nom est un secret.
(la fenêtre de l'école a un rideau d'étoiles brillantes)
1927 (Trad: Colette)
ESCUELA
Maestro
¿Qué doncella se casa
con el viento?
Niño
La doncella de todos
los deseos.
Maestro
¿Qué le regala
el viento?
Niño
Remolinos de oro
y mapas superpestos.
Maestro
Ella ¿le ofrece algo?
Niño
Su corazón abierto.
Maestro
Decid cómo se llama.
Niño
Su nombre es un secreto.
(La ventana del colegio tiene una cortina de luceros.)
Photo: Colette
Sculpture: Julio González, danzarina despeinada
08:23 Publié dans espagne, poésie, chanson | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : garcia lorca, herbarios, herbiers
21.01.2012
La douleur d'autrui / El dolor ajeno
Rouge avec des lettres blanches, la boite est en vente dans les pharmacies en Espagne.
“Médicaments contre la douleur d'autrui”
6 bonbons menthe-eucaliptus sans sucre 1€
Médecins sans Frontières
Roja con letras blancas, la caja está en venta en las farmacias en España.
«Pastillas contra el dolor ajeno»
6 caramelos mentol-eucalipto sin azúcar 1€
Médicos sin fronteras
Cette campagne lancée par MSF, comment y être indifférents?
La douleur des autres...
Sur le prospectus, de forme et présentation égales à celles de nos médicaments, cette note:
“Dans le premier monde, si tu as mal quelque part, il y a des médicaments pour soulager presque chaque douleur.Mais...Que se passe-t-il si ce qui te fait souffrir est la douleur d'autrui? La douleur de ceux qui n'ont pas de médicaments pour soigner leur souffrance? N'est-ce pas magnifique que, nous qui avons des pilules pour presque tout, puissions en prendre une pour calmer la douleur de ceux qui n'en ont pas?”
Esta campaña lanzada por MSF, ¿cómo quedarse indiferentes a ella?
El dolor ajeno...
En el prospecto, de forma y presentación igual a las de nuestras medicinas, esta nota:
« En el primer mundo, si te duele algo, hay pastillas para mitigar casi cualquier dolor. Pero...¿Qué pasa si lo que te duele es el dolor ajeno, el dolor de los que no tienen pastillas para curar su sufrimiento? No es genial que, nosotros que tenemos pastillas para casi todo, podamos tomar una para calmar el dolor de los que no tienen? »
6 bombons qui correspondent à 6 maladies, curables ou rares sur notre continent, mais bien vivantes ailleurs: la maladie du sommeil, la malaria, la tuberculose, le sida infantile, le Kala azar, la maladie de Chagas.
De nombreuses personnalités médiatiques de tous bords ont participé à la campagne comme le chanteur très populaire Alejandro Sanz , et ici aussi sur la vidéo, prenant «un médicament»:
Andrés Iniesta, Pilar Bardem, Andreu Buenafuente, Pau Donés, Cayetana Guillén Cuervo, Estopa, Xabi Alonso, Fernando Tejero, Eduard Punset, Edurne Pasaban, Manel Fuentes, Ferrán Adría, Nuria Espert, Juan José Millas.
6 caramelos, que corresponden a 6 enfermedades, curables o raras en nuestro continente, pero bien vivas en otras partes : la enfermedad del sueño, la malaria, la tuberculosis, el sida infantil, el Kala azar, la enfermedad de Chagas.
Numerosas personalidades mediáticas de varios aéreas han participado a la campaña como el cantante muy popular Alejandro Sanz y, aquí en el vídeo, tomándose una «medicina» (ver arriba)
La participation qui m'a le plus touchée est celle du directeur de cinéma Luís García Berlanga:
La participación que más me comovió es la del director de cine Luís García Berlanga:
Voici le site officiel (en español): http://www.pastillascontraeldolorajeno.com
Et la vidéo de lancement de MSF:
Il me tenait à cœur d'en parler ici. Me sentía inclinada a hablar de eso aquí.
06:47 Publié dans billet, Espagne | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : msf, douleur, médicaments, maladies
07.01.2012
Clowns, le rouge et le blanc /Payasos, el rojo y el blanco
Les clowns…souvenirs d’enfance, de rires. Spectacles de fin et début d’année.
Mais aussi, comme l’écrit Michel Tournier dans un court texte intitulé « Le rouge et le blanc » inclus dans Des clés et des serrures (1979), un duo qui nous ressemble, qui est nous à différents moments de notre vie.
Los payasos… recuerdos de infancia, de risas. Espectáculos de fin y principio de año.
Pero también, como lo escribe Michel Tournier en un texto corto titulado “El rojo y el blanco” un dúo que se parece a nosotros, que es nosotros en diferentes momentos de nuestra vida.
“Ils font équipe sur la piste du cirque, mais ils sont bien différents.
Le blanc, habillé de soie, poudré à frimas, un sourcil relevé très haut sur son front comme un point d’interrogation, chaussé de fins escarpins vernis, les mollets cambrés dans des bas arachnéens, a toute l’élégance hautaine d’un seigneur.
La trogne poivrote et le nez en pomme de terre du rouge, sa large bouche, ses yeux ahuris, sa démarche embarrassée par ses énormes croquenots, tout trahit chez lui le niais, le rustaud, la tête de Turc sur laquelle vont pleuvoir les coups et les lazzis.
« Hacen equipo en la pista de circo, pero son muy diferentes.
El blanco, vestido de seda, ligeramente empolvado, una ceja levantada en alto, en la frente como un punto de interrogación, calzado de finos escarpines de charol, las pantorrillas combadas en unas medias arácneas, tiene toda la elegancia altiva de un señor.
La jeta de borracho y la nariz en forma de patata del rojo, su boca ancha, sus ojos estupefactos, su andar patoso por los enormes zapatos, todo en él suena a necio, a palurdo, a cabeza de turco sobre la cual van a llover los golpes y las burlas.
Car ces deux clowns incarnent deux esthétiques tout opposées du rire.
Le blanc cultive l’insolence, le persiflage, l’ironie, le propos à double sens. C’est un maître du second degré. Il fait rire les autres, d’un autre de préférence, le clown rouge, l’auguste.
Mais lui garde ses distances, il reste intact, hors d’atteinte, le rire qu’il déchaîne ne l’éclabousse pas, c’est une douche destinée au rouge, qui est là pour encaisser.
Ce rouge s’offre à tous les coups en poussant son discours, son accoutrement et sa mimique au comble du grotesque. Il n’a pas le droit d’être beau, spirituel, ni même pitoyable, cela nuirait à la sorte de rire qu’il a pour fonction de soulever. (…)
Esos dos payasos encarnan dos estéticas totalmente opuestas de la risa.
El blanco cultiva la insolencia, la guasa, la ironía, el propósito con doble sentido. Es un maestro del segundo grado. Hace reír a los demás, de otro preferentemente, el payaso rojo, el augusto. Pero él guarda sus distancias, queda intacto, fuera de alcance; la risa que provoca no le salpica, es una ducha destinada al rojo, que está allí para encajar.
Ese rojo se ofrece a todos los golpes llevando su discurso, su atuendo y su mímica al colmo de lo grotesco. No tiene derecho a ser guapo, agudo ni siquiera lastimoso, eso perjudicaría al tipo de risa que su función le obliga a provocar. (…)
Aussi bien ces deux personnages symbolisent-ils deux attitudes devant la vie, et tous, tant que nous sommes, nous décidons à chaque moment d’être blanc ou rouge face aux situations de l’existence.
Nous pouvons nous frapper la poitrine- soit pour nous accuser, soit par défi orgueilleux-, attirer sur nous les regards et les cris, nous désigner à l’admiration ou à la vindicte des foules. C’est le parti pris rouge d’un Rousseau ou d’un Napoléon, de tous les gens de théâtre et de tous les tyrans.
Au contraire, le parti blanc d’un Voltaire ou d’un Talleyrand fait les témoins sarcastiques de leur temps, les diplomates, les calculateurs, tous ceux qui veulent observer et manœuvrer sans s’exposer, gagner sans mettre en jeu leur liberté, leurs biens ni leur personne. »
Así esos dos personajes simbolizan dos actitudes delante de la vida, y todos nosotros, decidimos en cada momento ser blanco o rojo frente a las situaciones de la existencia.
Podemos golpearnos el pecho – sea para acusarnos, sea por desafío orgulloso-, atraer hacia nosotros las miradas o la vindicta de la muchedumbre. Es la resolución de un Rousseau o de un Napoleón, de toda la gente de teatro y de todos los tiranos.
Por el contrario, el partido blanco de un Voltaire o de un Talleyrand les hace los testigos sarcásticos de su época, los diplomáticos, los calculadores, todos los que quieren observar y maniobrar sin exponerse, ganar sin poner en juego su libertad, sus bienes, ni su persona.”
Traducción: Colette
Photos: 1) Les Fratellinis, Albert, François, Paul
2) Lil Sad Clown by Aihibed Magana
08:54 Publié dans billet | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blanc et rouge, clowns, michel tournier, payasos
31.12.2011
Belle année! ¡Feliz año!
Entre ombres et soleil, se frayer un chemin en eaux troubles...
Entre sol y sombras, abrirse un camino en aguas turbias...

Faire route en bonne compagnie...Hacer camino en buena compañía....
L'esprit, si léger....La mente, tan ligera...
...s'amusera en vol. ...se divertirá volando.
Je vous souhaite une année aimable.
Os deseo un año amable.
08:17 Publié dans billet | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : año nuevo, canards, nouvel an, patos
25.12.2011
Vague au bout de son errance / Ola al final de su andanza
Pour une fin d'année voluptueuse, recherche de poèmes sensuels, délicatement érotiques.
Partir vers le Sud, le Maghreb, et découvrir, enchantée, la poésie de Mohammed Dib.
Para un fin de año voluptuoso, búsqueda de poemas sensuales, delicadamente eróticos.
Dirigirme hacia el Sur, el Magreb, y descubrir, encantada, la poesía de Mohammed Dib.
Horizon féminin
gestes
de même longueur
dans le présent
et l'après
de même fraîcheur
dans l'espoir
et l'après
de même lenteur
dans la fatigue
et l'après
Horizonte femenino
gestos
igual de largos
en el presente
y el después
igual de frescos
en la esperanza
y el después
igual de lentos
en la fatiga
y el después
(Trad: Colette)
Les marches de la mer
rien ne sera dit
porté par le désir
jusqu'aux lèvres
ce murmure
plus monte la marée
sonne l'hallali
mêmes hanches mêmes reins
vague au bout de son errance
vive à vanner
ô rivages pour abus tendres
et la main première conviée
d'un vœu à tirer ce feu
Los peldaños de la mar
nada será dicho
llevado por el deseo
hasta los labios
ese murmullo
más sube la marea
suena el hallali*
las mismas caderas el mismo talle
ola al final de su andanza
viva a reventar
oh riveras para abusos tiernos
y la mano primera convidada
de un deseo de disparar ese fuego
(Trad: Colette)
"L'air qu'il fait entendre sur son clavecin est une musique intérieure qui parle au cœur"
Jean Déjeux, dans Hommage à Mohammed Dib
"El aire que deja oír en su clavicordio es una música interior que habla al corazón"
Illustration: Picasso, 1932, Femme nue couchée ou la dormeuse
**Hallali: toque de acoso, término de caza cuando el ciervo está acorralado.
08:25 Publié dans littérature et poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mer, mohammed dib, plaisir, poésie, érotique
17.12.2011
La moitié du fardeau / La mitad de la carga

Le cheval et l’âne--- Jean de La Fontaine
En ce monde il se faut l'un l'autre secourir :
si ton voisin vient à mourir,
c'est sur toi que le fardeau tombe.
Un âne accompagnait un cheval peu courtois,
Celui-ci ne portant que son simple harnois,
Et le pauvre baudet si chargé qu'il succombe.
Il pria le cheval de l'aider quelque peu :
Autrement il mourrait devant qu'être à la ville.
«La prière, dit-il, n'en est pas incivile :
Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu.»
Le cheval refusa, fit une pétarade :
Tant qu'il vit sous le faix mourir son camarade,
Et reconnut qu'il avait tort.
Du baudet, en cette aventure,
On lui fit porter la voiture,
Et la peau par-dessus encor.

El caballo y el asno – Jean de La Fontaine
En este mundo hay que ayudarse unos a otros:
si muere tu vecino,
caerá sobre ti su carga.
Iba un asno en compañía de un caballo descortés.
No llevaba éste más que sus arneses,
Y el pobre jumento tal carga que más no podía.
Rogó al caballo ayuda, aunque poca fuese;
Si no, antes de llegar al pueblo reventaría.
“No pido mucho, le decía,
La mitad de mi carga para ti no es nada”
Negose el caballo con el mayor desprecio;
Más bien pronto vio morir a su camarada,
Y conoció cuán mal obrado había.
Del borrico hubo de llevar la carga
Y el pellejo del difunto por añadidura.
(Trad. MAH, muchas gracias)
Ces dessins sont signés, pas très lisible mais voilà l'agrandissement de la signature:
Esos dibujos están firmados, aquí la firma:
08:16 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la fontaine, le cheval et l'âne, el caballo y el asno
10.12.2011
Inventrices / Inventoras
Quelques unes… / Algunas…
- Non, je ne vois pas, à part Marie Curie aucun nom, désolé(e).
- Moi non plus.
-No, no veo, salvo Marie Curie, ningún nombre, lo siento.
-Yo tampoco.
Chercher, inventer, les femmes l’ont toujours fait, mais ce n’est qu’en 1790 qu’elles ont pu déposer légalement un brevet à leur nom aux Etats-Unis, et encore pas dans tous les États. C’était alors sous le nom de leurs pères, maris, frères…qu’apparaissaient leurs inventions.
Le 15 mai 1809 est une grande date : Mary Dixon Kies est la première américaine (Connecticut) à obtenir un brevet à son nom pour un processus qui permettait de tisser la paille avec de la soie ; elle devint ainsi la grande précurseur de l’industrie du chapeau.
Buscar, inventar, las mujeres lo han hecho desde siempre, pero sólo en 1790 pudieron patentar legalmente a su nombre en Estados Unidos, y eso no en todos los Estados. Era entonces bajo el nombre de sus padres, hermanos, maridos…que aparecían sus inventos.
El 15 de mayo es una gran fecha: Mary Dixon Kies es la primera americana (Connecticut) en obtener una patente a su nombre por un proceso que permitía tejer la paja con la seda; fue así la gran precursora de la industria del sombrero.
Nous sommes à New York vers 1913. Mary Phelps Jacob vient de s’acheter une robe du soir pour aller à une fête. À cette époque le seul sous-vêtement existant était un corset rigide fait d’os et de bois (super confortable, n’est-ce pas ?). Mary se rend compte que cette armature est par trop voyante sous sa fine robe de soie et elle confectionne, avec deux mouchoirs de soie et un ruban, ce qui est l’ancêtre de nos soutiens-gorge modernes.
Estamos en, Nueva York hacia el año 1913. Mary Phelps Jacob acaba de comprarse un vestido de noche para ir a una fiesta. En aquella época la única ropa interior existente era un corsé rígido hecho de hueso y de madera (súper confortable ¿verdad?). Mary se da cuenta que esta armadura es demasiado visible debajo de su fino vestido de seda y confecciona, con dos pañuelos de seda y un lazo, lo que es el ancestro de nuestros sujetadores.
Vous avez parfois un « bouton de fièvre » (herpès) et vous appliquez de la crème appelée Zovirax ? Vous la devez à Gertrude Elion (1918-1999). Cette chimiste décida, après le décès de son père, dû à un cancer, de se consacrer à la recherche. En 1944 elle travailla dans un laboratoire pharmaceutique sur la purine sans avoir aucune idée de ses applications médicales et ce fut….le premier médicament contre la leucémie.
Gertrude déposa en tout plus de 45 brevets et obtint le prix Nobel de médecine avec George Hitchings et Sir James Black.
¿Tiene a veces un herpes labial y se aplica la crema llamada Zovirac? Se la debéis a Gertrude Elion (1918-1999). Esa química decidió dedicarse a la investigación después de su padre muriera de cáncer,. En 1944 trabajó en un laboratorio farmacéutico en la purina sin tener la menor idea de su aplicación médica y fue…la primera medicina contra la leucemia.
Se cuentan más de 45 patentes de Gertrude y obtuvo el premio Nóbel de medicina junto con George Hitchings y Sir James Black.
La super crac des inventions, - elle en réalisa 110 dont 49 furent brevetées - fut Beulah Henry, Memphis, Tennessee.
Voici quelques unes de ses inventions :
- le congélateur de glace sous vide (1912)
- la première machine à coudre sans bobine (1940)
- la « protographie », une machine à écrire manuelle qui réalisait 4 copies d’un même document. (1932)
- « l’éponge savonneuse » pour enfants (1929)
La súper crac de los inventos, -realizó 110 de los cuales 49 fueron patentados – fue Beulah Henry, Memphis, Tennessee.
Aquí unos de sus inventos:
- el congelador de hielo al vacío (1912)
- la primera máquina de coser sin bobina.(1940)
- la “protografía”, una máquina de escribir manual que realizaba 4 copias del mismo documento. (1932)
- “La esponja jabonosa” para niños (1929)
Melitta, ça vous dit, ça vous dit…. mais oui, les filtres à café. Nous les devons à une allemande, Melitta Benz. Sa machine fut brevetée en 1908.
Bette Nesmith, secrétaire et artiste, n’avait jamais pensé être inventrice et se contentait d’essayer de résoudre les problèmes de mécanographie et tachygraphie qui se présentaient…ici les fautes de frappe ! Elle « fabriqua » donc cette substance liquide et blanche qui sèche rapidement. Merci Bette, fort pratique !
Melitta, os suena…sí, sí, los filtros de café. Se lo debemos a una alemana, Melitta Benz. Su máquina fue patentada en 1908.
¿Y el Typp-ex?
Bette Nesmith, secretaria y artista, nunca había pensado en ser inventora y se limitaba a intentar resolver los problemas de mecanografía y tipografía que se presentaban…aquí las faltas de mecanografía. “Fabricó” pues esa sustancia líquida y blanca que seca rápidamente. Gracias Bette, ¡Muy útil!
Comme j’aimerais toutes les nommer, vous raconter leur histoire, comme celle de Mary Anderson, qui inventa le l’essuie-glace en 1903, ou celle de Tabitha Babbit qui breveta la scie circulaire en 1812….la liste est, fort heureusement, longue !
¡Cómo me gustaría nombrarlas todas, contaros su historia, como la de Mary Anderson que inventó el limpia-parabrisas en 1903, o la de Tabitha Babbit que patentó la sierra circular en 1812…la lista es, por suerte, muy larga!
08:07 Publié dans billet | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : brevets, femmes, inventions
03.12.2011
Croquer un soupir / Dibujar un suspiro
A part les doux appels de la pluie, tout était silencieux: elle lisait, le chien, couché sur le canapé interdit, dormait, paisible.
Soudain un long soupir.
Qui?
Excepto las dulces llamadas de la lluvia, todo estaba en silencio: ella leía, el perro, tumbado en el sofá prohibido, dormía, apacible.
De repente un largo suspiro.
¿Quién?
Oubliant l’obligation de passer inaperçu et pouvoir ainsi prolonger son confortable somme, ce souffle lui avait échappé.
Bien-être ? Ennui ?
Elle écarta, peut-être à tort, l’idée d’un mal d’amour ou de mélancolie.
Olvidándose de la obligación de pasar desapercibido y poder así prolongar su confortable sueño, ese soplo le había escapado.
¿Bienestar? ¿Aburrimiento?
Descartó, tal vez sin razón, la idea de un mal de amores o de melancolía.
Musique de la pluie ; notes, silences, soupirs.
Música de la lluvia; notas, silencios, suspiros.
Le soupir entendu semblait plutôt léger….El suspiro parecía mas bien ligero….
CLARA MONTES - A PIÉ VAN MIS SUSPIROS poème d’Antonio Gala
À pied vont mes soupirs
chemin de mon bien
Avant qu’ils n’arrivent
J’arriverai.
Tiens la porte ouverte
et ouverte l’âme aussi.
Avant qu’ils n’arrivent
J’arriverai.
Mon cœur avec des ailes
Mes soupirs à pied…
Mes soupirs
Mes soupirs à pied. (...)
Tant de soupirs, exaspérés ou satisfaits. Quand, pourquoi soupirons-nous ? Y faisons-nous attention, parfois ?
Tantos suspiros, exasperados o satisfechos. ¿Cuándo, por qué suspiramos? ¿A veces les prestamos atención a esos suspiros?
Plongée dans mes réflexions j’en oubliais presque de vous donner ma recette de biscuits secs de Manacor, village de Rafael Nadal, appelés Suspiros, un délice.
Ingrédients:
Farine
150gr de sucre blanc ou brun
le zeste d’un citron râpé
1 cuillère à soupe de cannelle en poudre
1 pincée de bicarbonate
1 œuf.
Allumer le four (180º)
Battre l’œuf entier avec le sucre, le zeste râpé, le bicarbonate et la cannelle jusqu’à ce que l’ensemble soit crémeux. Y ajouter peu à peu la farine jusqu’à obtenir une pâte bien ferme.
Avec une cuillère à café, mettre sur la plaque du four beurrée des lignes (moi je fais des petites boules) de pâte.
Au four 10-15 minutes. Attention, ils brûlent facilement !)
08:21 Publié dans billet, espagne, poésie, chanson | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : antonio gala, clara montes, pluie, soupirs, suspiros
26.11.2011
Du haut du pont / Desde lo alto del puente
Dans “Ma vie” Sofia Tolstoï explique comment la philosophie, la musique et la lecture de certains romans l’ont sauvée du désespoir.
En ce moment de pleurs et de peines, « Faim et oignon, glace noire et givre » écrivait Miguel Hernández (1910-1942) dans sa Nana (berceuse) de l’oignon, je vous propose de suivre l’enseignement de Sofia.
En « Mi vida » Sofía Tolstoï explica como la filosofía, la música y la lectura de algunas novelas la salvaron de la desesperanza.
En estos momentos de penas y lagrimas, « Hambre y cebolla / hielo negro y escarcha »como escribía Miguel Hernández en su Nanas de la cebolla, os propongo seguir el camino se Sofía.
Un concierto para piano escrito por Joaquín Nin-Culmell, hermano de Anaïs Nin.
Voici d'abord un concert pour piano écrit par Joaquín Nin-Culmell, frère d’Anaïs Nin.
Et puis un peu de philosophie...
« Zhuang Zi et le logicien Hui Zi se promenaient sur le pont de la rivière Hao.
Zhuang Zi observa :
« Voyez les petits poissons qui frétillent agiles et libres : comme ils sont heureux ! »
Hui Zi objecta : « Vous n’êtes pas un poisson ; d’où tenez-vous que les poissons sont heureux ?
– Vous n’êtes pas moi, comment pouvez-vous savoir ce que je sais du bonheur des poissons ?
– Je vous accorde que je ne suis pas vous et, dès lors, ne puis pas savoir ce que vous savez. Mais comme vous n’êtes pas un poisson, vous ne pouvez savoir si les poissons sont heureux.
– Reprenons les choses par le commencement, rétorqua Zhuang Zi, quand vous m’avez demandé « d’où tenez-vous que les poissons sont heureux » la forme même de votre question impliquait que vous saviez que je le sais. Mais maintenant vous voulez savoir d’où je le sais – eh bien, je le sais du haut du pont »
Le Bonheur des poisons, Lettres des antipodes. Simon Leys.
Livre de poche, p 13-14.
Y ahora un poco de filosofía...
« Zhuang Zi y el logico Hui Zi paseaban sobre el puente del río Hao. Zhuang Zi advirtió:
- Observad como los pececillos colean ágiles y libres: ¡son tan felices!
- Hui Zi objetó: Vd no es un pez; ¿de donde sacáis que los peces son felices?
- Vd no sois yo. ¿Cómo podéis saber lo que yo sé de la felicidad de los peces?
- De acuerdo en que yo no soy vos y, a partir de eso, que no puedo saber lo que Vd sabe. Pero como Vd no es un pez, Vd no puede saber si los peces son felices.
- Retomemos las cosa desde el principio – replicó Zhuang Zi – Cuando Vd me ha preguntado ¿de donde sacáis que los peces son felices? la forma misma de la pregunta implicaba que Vd sabía que yo lo sabía. Pero ahora Vd quiere saber “desde donde” lo sé, pues bien, lo sé desde lo alto de este puente.
La felicidad de los peces, Cartas desde las antípodas. Simón Leys
(Trad MAH, Colette)
Photo poissons : http://zuihitsu-ac.blogspot.com/2009_09_01_archive.html
08:08 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : joaquin nin-culmell, le bonheur des poissons, ma vie, miguel hernandez, nana de l'oignon, simon leys, sofia tolstoï
12.11.2011
Je suis une pause / Soy una pausa
Entre partir et rester
Entre partir et rester doute le jour,
amoureux de sa transparence.
...
Tout est visible et tout est évasif,
tout est près et tout est intouchable.
Les papiers, le livre, le verre, le crayon
reposent à l'ombre de leurs noms.
...
L’instant se dissipe. Sans bouger,
je reste et je pars: je suis une pause.
(Trad. Colette)
Octavio Paz.

Entre irse y quedarse
Entre irse y quedarese duda el día,
enamorado de su transparencia.
...
Todo es visible y todo es elusivo,
todo está cerca y todo es intocable.
Los papeles, el libro, el vaso, el lápiz
reposan a la sombra de sus nombres.
...
Se disipa el instante. Sin moverme,
yo me quedo y me voy: soy una pausa.
Octavio Paz.
Faire une pause, m'envoler pour quelques jours;
quand on vit sur une île, tout déplacement est un voyage.
Je vous retrouverai vers la fin du mois et " vous souhaite le meilleur", comme on dit en espagnol.
Tomar una pausa, coger el vuelo por unos días;
cuando se vive en una isla, cada desplazamiento es un viaje.
Nos volveremos a encontrar a final de mes, os deseo lo mejor.
Photo: OM, merci!
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05.11.2011
García Lorca, La peine noire / Romance de la pena negra
Federico García Lorca, j’y reviens encore et encore...
Aujourd’hui ce poème qui réunit ses thèmes de prédilection : les gitans, les chevaux, la nature, la mer, la tristesse…
Siempre vuelvo a Federico García Lorca.
Hoy este poema que reúne sus temas de predilección: los gitanos, los caballos, la naturaleza, el mar, la tristeza…
Romance de la peine noire
Les coups de bec des coqs
creusent, cherchent l’aurore,
quand de la colline sombre
descend Soledad Montoya.
De cuivre jaune, sa chair
sent le cheval et l’ombre.
Ses seins, noires enclumes,
gémissent des chansons rondes.
Soledad: Qui cherches-tu
seule et à cette heure?
Je cherche qui je veux,
dis-moi, si cela t’importe?
Je chercher ce que je cherche,
ma joie et ma personne.
Soledad de mes chagrins,
cheval qui s’emballe,
finit par trouver la mer
et les vagues le dévorent.
Ne me rappelle pas la mer
car la peine noire pousse
au pays des olives
sous la rumeur des feuilles.
Soledad, comme tu es triste !
Quelle peine désolante !
Tu pleures du jus de citron
si aigre à l’attente et à la bouche.
Que ma peine est grande ! Je traverse
ma maison comme une folle
traînant mes nattes,
de la cuisine à l’alcôve.
Quelle tristesse ! Ma chair
et mon linge deviennent noir jais.
Aïe ! Mes chemises de fil !
Aïe ! Mes cuisses de pavot !
Dans la source aux alouettes
Soledad lave ton corps
et laisse ton cœur
en paix, Soledad Montoya.
****
Tout en bas chante le fleuve:
volant de ciel et de feuilles.
De fleurs de citrouille,
l’aube se couronne.
Oh ! Peine des gitans !
Peine pure et toujours seule.
Oh ! Peine de source occulte
et d’aurore lointaine !
(traduction CM/ MAH)
Voici une version chantée, flamenco ; émotions.
Romance de la pena negra
Las piquetas de los gallos
cavan buscando la aurora,
cuando por el monte oscuro
baja Soledad Montoya.
Cobre amarillo, su carne,
huele a caballo y a sombra.
Yunques ahumados sus pechos,
gimen canciones redondas.
Soledad, ¿por quién preguntas
sin compaña y a estas horas?
Pregunte por quien pregunte,
dime: ¿a ti qué se te importa?
Vengo a buscar lo que busco,
mi alegría y mi persona.
Soledad de mis pesares,
caballo que se desboca,
al fin encuentra la mar
y se lo tragan las olas.
No me recuerdes el mar,
que la pena negra, brota
en las tierras de aceituna
bajo el rumor de las hojas.
¡Soledad, qué pena tienes!
¡Qué pena tan lastimosa!
Lloras zumo de limón
agrio de espera y de boca.
¡Qué pena tan grande! Corro
mi casa como una loca,
mis dos trenzas por el suelo,
de la cocina a la alcoba.
¡Qué pena! Me estoy poniendo
de azabache carne y ropa.
¡Ay, mis camisas de hilo!
¡Ay, mis muslos de amapola!
Soledad: lava tu cuerpo
con agua de las alondras,
y deja tu corazón
en paz, Soledad Montoya.
***
Por abajo canta el río:
volante de cielo y hojas.
Con flores de calabaza,
la nueva luz se corona.
¡Oh pena de los gitanos!
Pena limpia y siempre sola.
¡Oh pena de cauce oculto
y madrugada remota!
07:56 Publié dans espagne, poésie, chanson | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : f. garcía lorca, flamenco, molina, romance de la peine noire
29.10.2011
Questions / Preguntas
Mario Benedetti, (Paso de los Toros, 1920 - Montevideo, 2009) Écrivain et poète uruguayen, le plus renommé de la seconde moitié du XXº siècle. Vous avez peut-être lu La Trêve….
(biografía aquí)
"C'est quand on croit posséder toutes les réponses, qu'on s'aperçoit qu'on a changé les questions", plaisantait-il.
« Es cuando uno cree tener todas las respuestas que se da cuenta que han cambiado las preguntas » bromeaba.
Je connaissais bien sa poésie et avais décidé de publier aujourd’hui son « Qu’arriverait-il ? » si fort et intemporel, quand j’ai découvert qu’il avait écrit beaucoup de haïkus, en voici deux avant ce poème.
Ya conocía su poesía y había decidido publicar hoy “¿Qué pasaría?”, tan fuerte e intemporal, cuando descubrí que había escrito muchos haïkus; aquí van dos de ellos antes del poema.
y el cielo queda limpio
de toda culpa
Passent les nuages
et le ciel devient clair
de toute faute
el verde es un color
que no madura
Drame chromatique
le vert est une couleur
qui ne mûrit pas (Trad- Colette)
Qu'arriverait-il ?
Qu'arriverait-il si nous nous réveillions un jour
en réalisant que nous sommes la majorité ?
Qu'arriverait-il si tout à coup une injustice,
une seule, était rejetée par tous,
tous autant que nous sommes, pas quelques-uns,
ni certains, mais tous ?
Qu'arriverait-il si au lieu de rester divisés
nous nous multipliions, nous nous additionnions,
et affaiblissions l'ennemi qui interrompt nos pas ?
Qu'arriverait-il si nous nous organisions
et si nous affrontions nos oppresseurs sans armes,
silencieux, nombreux,
regardant par millions la face de nos oppresseurs,
sans vivats, sans applaudissements,
sans sourires, sans tapes sur l'épaule,
sans hymnes partisans,
sans cantiques ?
Qu'arriverait-il si j’implorais pour toi, qui es si loin,
et toi pour moi, qui suis si loin,
et nous deux pour les autres, qui sont très loin,
et les autres pour nous, qui sommes si loin ?
Qu'arriverait-il si les cris d'un continent
étaient les cris de tous les continents ?
Qu'arriverait-il si nous nous prenions en main
au lieu de nous lamenter ?
Qu'arriverait-il si nous brisions les frontières
et que nous avancions et avancions,
et avancions, et avancions encore ?
Qu'arriverait-il si nous brûlions tous les drapeaux
pour n'en avoir qu'un seul, le nôtre,
celui de tous, ou mieux aucun,
car nous n’en avons nul besoin ?
Qu'arriverait-il si nous cessions brusquement d'être des patriotes
pour devenir des humains ?
Je ne sais pas. Je me le demande.
Qu'arriverait-il ?
Mario Benedetti
Traduction proposée par Lieucommun .
Je m’en suis largement inspirée, mais y ai apporté quelques modifications.
¿Qué pasaría?
¿Qué pasaría si un día despertamos
dándonos cuenta de que somos mayoría?
¿Qué pasaría si de pronto una injusticia,
sólo una, es repudiada por todos,
todos que somos todos, no unos,
no algunos, sino todos?
¿Qué pasaría si en vez de seguir divididos
nos multiplicamos, nos sumamos
restamos al enemigo que interrumpe nuestro paso,
Qué pasaría si nos organizáramos
y al mismo tiempo enfrentáramos sin armas,
en silencio, en multitudes,
en millones de miradas la cara de los opresores,
sin vivas, sin aplausos,
sin sonrisas, sin palmadas en ¡os hombros,
sin cánticos partidistas,
sin cánticos?
¿Qué pasaría si yo pidiese por vos que estás tan lejos
y vos por mí que estoy tan lejos,
y ambos por los otros que están muy lejos,
y los otros por nosotros aunque estemos lejos?
08:13 Publié dans culture, littérature et poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mario benedetti, ¿qué pasaría?
22.10.2011
Une jambe dans l'origan / Una pierna en el orégano
Tout le monde sait que la partie la plus délicate à manier dans une langue étrangère est celle des expressions. Une fois bien comprises, - il en faut du temps ! -, les placer à bon escient dans la conversation tient de la haute voltige. Combien de crises d’hilarité provoquées ?
Enfin, je vous propose aujourd’hui trois expressions courantes fort savoureuses, imagées, enfin qui me plaisent.
Todo el mundo sabe que la parte más delicada de manejar en un idioma extranjero es la de las frases hechas. Una vez bien entendidas, - ¡cuánto tiempo se necesita! – colocarlas adecuadamente en una conversación tiene algo de malabarismo. ¿Cuántas crisis de hilaridad han provocado?
En fin, hoy os propongo tres expresiones corrientes muy sabrosas, llenas de imágenes, que me gustan.
«Dormir a pierna suelta » veut dire littéralement dormir à jambe détendue, relax, jambe au singulier, notez bien.
Il semblerait que cette expression vienne de l’univers carcéral où dormir sans les pieds attachés, enchaînés, avec parfois un boulet, était un cadeau sans prix….l’occasion de dormir « à poings fermés » (pas vraiment un signe de détente, oui ?) ou « sur ses deux oreilles » (chose impossible me signale-t-on ici) ; rien n’est parfait.
Bref, dormir a pierna suelta, c’est dormir profondément.
…quiere decir, literalmente, dormir con una pierna relajada, pierna en singular. ¡Curioso!
Parece ser que esa expresión proviene del universo de la cárcel dónde dormir sin tener los pies atados, encadenados, a veces con un lastre era un regalo sin igual….en francés se diría por ejemplo “dormir à poings fermés” (con los puños cerrados, no precisamente un signo de relajo, ¿no?) o bien “dormir sur ses deux oreilles” (con las dos orejas, cosa imposible, héhé). Nada es perfecto.
« Hacer la vista gorda » : Ici une courte histoire d’antan. Jeune et fraîchement arrivée en Espagne avec une vieille Dyane, voilà qu’un douanier m’attrape, me dit que j’aurais dû changer la plaque belge depuis 2 mois, enfin, qu’il me donne une semaine et qu’entre-temps il fera « la vista gorda ».
Je comprends les mots, vista = vue et gorda=grosse…il va faire la grosse vue ? Je suis perplexe mais ris sous cape car une image s’installe dans ma tête : le même douanier avec des lunettes aux verres si épais qu’il ne voit rien. Presque.
L’expression veut dire : faire comme si on ne voyait pas, détourner la vue.
…aquí una corta historia de antaño. Joven y recién llegada a España en un viejo Dyane, un aduanero me atrapó y me leyó la cartilla: hubiera tenido que cambiar la matrícula belga desde hacía 2 meses, pero que bueno, me daba una semana y mientras haría la vista gorda.
Yo entendía las palabras “vista” y “gorda”…pero juntas, ¿qué diablos querían decir? Me quedé perpleja pero riéndome por lo bajo ya que una imagen se instaló en mi cabeza: la del mismo aduanero con unas gafas con cristales tan espesos que no podía ver nada. Casi.

“No todo el monte es orégano”.
Oh qu’elle sent bon celle-ci, un mont couvert d’origan, on fonce !
D’après Wiki « Le mot « origan » est issu du grec ὀρίγανον / origanon, signifiant « qui se plaît sur la montagne », composé de ὄρος / oros « montagne » et γάνος / ganos « éclat, aspect riant » ; pour les anciens cette plante avait une grande valeur car elle était un remède, une solution à tous les maux.
Donc voilà que si le mont n’est pas entièrement couvert, on va y trouver des difficultés, des contrariétés. Avouez que « Tout le mont n’est pas origan » est franchement plus porteur d’images que….hum, je pensais à « Tout n’est pas rose ».
Oh, ¡qué bien huele esta, un monte recubierto de orégano, allá vamos!
Según Wiki la palabra « origan » proviene del griego ὀρίγανον / origanon, que significa « que disfruta en la montaña », compuesta de ὄρος / oros « montaña » y γάνος / ganos « destello, aspecto risueño » . Para los antiguos esta planta tenía un gran valor ya que era un remedio, una solución a nuestros males.
En francés se diría…hum, por ejemplo, “no todo es de color rosa”, que es menos evocador, ¿no?
Illustrations. 1) Nu à la fenêtre de Daniel Vazquez Diaz 1939
2) Photo Colo
08:07 Publié dans billet, Espagne | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : español-français, expresiones
15.10.2011
Gouttelettes de brume / Gotitas de bruma
La récolte a été bonne, mon panier est plein.
Il y avait des coings et des kakis, trop lourds ou sucrés, alors j'ai ramené des perles, des larmes de brume. Du nord au sud, la terre en était semée.
La cosecha fue buena, se llenó mi cesta.
Había membrillos y kakis, demasiado pesados o dulces, entonces traje unas perlas, lágrimas de bruma. Del norte al sur, la tierra estaba sembrada.
Venu du nord, voici un haïku composé par le nouveau prix Nobel, Tomas Tranströmer.
Gnolar i dimman..............Fredonne dans la brume.
En fiskebåt långt ute...... Au loin un bateau de pêche -
trofé på vattnet...............trophée sur l´eau
Tomas Tranströmer La grande énigme 45 haïkus. Adaptés du suédois par Jacques Outin. Préface de Petr Krâl (Le castor Astral, 2004)
A lo lejos un barco de pesca -
trofeo en el agua (trad Colette)
Passons par la Belgique, murmures de craquellements, mais une brume joliment colorée.
La brume est comme une prune.
La peau résiste.
Si elle se fissure, le paysage s'éparpille en gouttelettes... JEA
La boira és com una pruna.
La pell resisteix.
Si es fissura, el paisatge s'espargeix en gotetes...(trad. catalan Anaïs, gracias)
De forêts en toiles d'araignées, nous voici au Portugal avec VITOR CINTRA et ses mélancoliques silences. Grâce à Armando la traduction en français est... magique.
do livro " Pedaços do Meu Sentir "
Dans les brumes de mes silences
Naissent des visions enchantées,
Il y a des nymphes, sorcières et fées,
Rêves d'amours, toujours denses.
Dans les brumes de mes silences
Où les mystères ne sont rien,
Surgissent des passions exaltées,
Faites de désirs immenses.

Partir puis revenir chez soi, non sans passer par l'Andalousie et Federico.
¡El sueño se deshizo para siempre!
En la tarde lluviosa mi corazón
aprende la tragedia otoñal
que los árboles llueven.
-----------
¡Cómo me dice el agua
que el sueño se deshizo para siempre!
¿El sueño es infinito?
La niebla lo sostiene
y la niebla es tan sólo
cansansio de la nieve. (...)
Une autre chanson d'automne F. García Lorca
Le rêve s'est pour toujours défait!
Dans la soirée pluvieuse
mon cœur apprend
la tragédie de l’automne
qui fait les arbres pleuvoir.
------------------
Comme l'eau me dit
que le rêve s'est pour toujours défait!
Le rêve est-il infini?
La brume le prétend
et la brume n'est que
fatigue de la neige. (...)
(Trad.: Colette)
Fotos 2-3: Colette
08:37 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : brume, f. garcía lorca, gouttelettes, tranströmer, v. cintra
08.10.2011
Dans la brume / En la niebla

Brumes matinales sur la route qui mène chez moi; Platero s'y plairait bien, non?
Car c'est de lui, enfin plutôt des cruelles facéties et désirs de notoriété de Dalí et Buñuel que nous allons parler aujourd'hui. Je vous l'avais annoncé.
L’affaire Platero / El asunto Platero
« Platero y yo » de Juan Ramón Jiménez. Une première édition partielle, comprenant 63 chapitres, est publiée à Madrid en 1914, dans une édition pour la jeunesse. L’édition intégrale sortit en 1917, connut un immense succès et devint livre de lectures scolaires dès 1920.
« PLatero y yo » de Juan Ramón Jiménez: una primera edición parcial, conteniendo 63 capítulos, se publicó en Madrid en 1914, en una edición juvenil. La edición integral salió en 1917, tuvo un inmenso éxito y fue una lectura escolar desde 1020.
« L’affaire » se passe en 1928. Juan Ramón Jiménez est déjà un auteur et poète reconnu.
« El asunto » tuvo lugar en 1928. J.R.Jiménez ya es un autor y poeta reconocido.
Dalí et Buñuel, âgés de 24 et 28 ans se connaissent depuis longtemps ; ils ont pour objectif, entre autres, de moderniser la poésie et avaient, c’est bien curieux, développé depuis l’enfance une obsession pour les ânes pourris, (sujet que l’on retrouve sous la forme de têtes d’ânes morts sur un piano dans le grand classique du cinéma surréaliste « Un chien andalou »).

Dalí y Buñuel de 24 y 28 años se conocen desde hace tiempo; tienen por objetivo, entre otros, modernizar la poesía y ambos tenían, hecho curioso, una obsesión por los burros podridos (tema que de encuentra bajo la forma de cabezas de burros muertos en un piano en el gran clásico del cine surrealista “Un perro andaluz”).
Un jour, Mr Jiménez reçoit la terrible lettre suivante :
Un día, el Señor Jiménez recibe la terrible carta siguiente:
Lettre de Luis Buñuel y Salvador Dalí à Juan Ramón Jiménez (1928)
Mr Juan Ramón Jiménez
Madrid
Notre cher ami. Nous pensons qu’il est de notre devoir de vous dire –oui, de façon désintéressée- que votre œuvre nous répugne profondément car immorale, car hystérique, car cadavérique, car arbitraire.
Spécialement :
MERDE !!
pour votre Platero et moi, pour votre facile et malintentionné Platero et moi, l’âne le moins âne, l’âne le plus odieux que nous ayons rencontré.
Et pour vous, pour votre funeste actuation, aussi :
MERDE !!!
Sincèrement.
LUIS BUÑUEL SALVADOR DALÍ
Carta de Luis Buñuel y Salvador Dalí a Juan Ramón Jiménez (1928)
Sr. Dn. Juan Ramón Jiménez
Madrid
Nuestro distinguido amigo: Nos creemos en el deber de decirle -sí, desinteresadamente- que su obra nos repugna profundamente por inmoral, por histérica, por cadavérica, por arbitraria.
Especialmente:
¡¡MERDE!!
para su Platero y yo, para su fácil y malintencionado Platero y yo, el burro menos burro, el burro más odioso con que nos hemos tropezado.
Y para Vd., para su funesta actuación, también:
¡¡¡¡MIERDA!!!!
Sinceramente
LUIS BUÑUEL SALVADOR DALÍ
[Agustín Sánchez Vidal, Buñuel, Lorca, Dalí: el enigma sin fin, Barcelona: Planeta, 1988, p. 189.]
Vous imaginez l’étonnement, la peine aussi de cet homme si sensible.
Dalí nous donne, dans son style caractéristique, une explication de la lettre, la voici.
Os podéis imaginar la sorpresa, la pena también de ese hombre tan sensible.
Dalí nos da una explicación de la carta, aquí está:
"A ce moment nous voulions envoyer, pour créer une sorte de subversion morale, une lettre à la personne la plus prestigieuse d’Espagne, uniquement pour provoquer une réaction et que les gens disent : « Pourquoi l’ont-ils fait ? » et tout ça. Nous en avions alors choisi deux ou trois, nous avions pensé à Falla * qui jouissait déjà d’un grand prestige, pour lui dire qu’il était un fils de pute, etc…le pire qu’on puisse dire ; nous les avons mis dans un chapeau (les noms) , et Juan Ramón Jiménez est sorti.
Nous venions justement de rendre visite la veille à J.R. Jiménez qui nous avait reçus sentimentalement : « Voyons cette merveilleuse jeunesse… », et il dit avoir rencontré des jeunes gens magnifiques dans notre groupe.
Alors, il sort du chapeau et nous écrivons la lettre, qui était une lettre terrible contre Platero, que l’âne de Platero était un âne pourri, que cette histoire d’étoiles était du sentimentalisme… ; en plus, c’est vrai, je n’ai jamais aimé Juan Ramón Jiménez, je trouve que c’est un très mauvais poète. Au moment de poster la lettre, Buñuel a eu un doute, mais il la posta, nous la postâmes, et le jour suivant Juan Ramón a été malade, il disait : » Je ne comprends pas, la veille je reçois ces jeunes gens ; ils me semblent…et le jour d’après ils m’insultent de la façon la plus grossière… » Et il n’a jamais compris. C’était une chose incompréhensible."
(Traductions Colette)
"En aquel momento queríamos mandar, para crear una especie de subversión moral, una carta a la persona más prestigiosa de España, únicamente para provocar una reacción y que la gente dijera: "¿Por qué lo han hecho?", y tal y cual. Entonces habíamos escogido dos o tres, y habíamos pensado en Falla, que tenía un gran prestigio, para decirle que era un hijo de puta, etc.: lo más que se puede decir; los pusimos en un sombrero (los nombres), y salió Juan Ramón Jiménez.
Justamente acabábamos de visitar a Juan Ramón el día anterior, que nos había recibido sentimentalmente: "A ver, esa juventud maravillosa...", y dijo haber encontrado unos chicos magníficos en nuestro grupo.
Entonces, sale en el sombrero y escribimos la carta, que era una carta terrible contra Platero, que el asno de Platero era un asno podrido, aquello de las estrellas era un sentimentalismo...; además, es verdad, a mí nunca me ha gustado Juan Ramón Jiménez, encuentro que es un poeta pésimo. En el momento de echar la carta, Buñuel tuvo una duda, pero la echó, la echamos, y al día siguiente Juan Ramón estuvo enfermo, diciendo: "No comprendo, un día antes recibo a estos chicos; me parecen... Y al día siguiente me insultan de la manera más grosera..." Y no lo comprendió nunca. Fue una cosa incomprensible."
[Agustín Sánchez Vidal, Buñuel, Lorca, Dalí: el enigma sin fin, Barcelona: Planeta, 1988, pp. 191-192.]
*Falla : il fait référence à Manuel de Falla : http://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_de_Falla
Source / Fuente : http://www.udc.es/tempo/cuestions20/docs_surr08.html#jrj<...
08:22 Publié dans billet, Espagne, littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : buñuel, carta, dalí, j. ramón jiménez















